20 janvier 2018

Déforestation

 

La journée et la nuit précédentes avaient été rudes avec des pointes de vent à cent kilomètres par heure. Vers vingt-deux heures, il y avait même eu un solide coup de tonnerre accompagné d'une bonne averse de grêle.

Aussi, le matin quand la météo a annoncé que le calme règnerait au moins jusqu'à midi, mon promeneur attitré a transféré les semelles orthopédiques de ses molières dans ses bottines de marche (toujours pas réimperméabilisées). C'est toujours bon signe ce geste : c'est alors que je me mets à courir dans tous les sens et à pousser de petits cris stridents pour marquer mon approbation (comportement qui, je le vois bien, ne soulève pas la sienne, d'approbation).

Bref, nous sommes partis pour notre endroit de promenade favori (inutile de spécifier que durant tout le trajet en voiture j'encourage de la voix les chevaux de l'engin tout en me promenant de long en large sur la banquette arrière, sans oublier de vérifier de temps à autre par les fenêtres la progression du déplacement en me dressant sur mes pattes arrières).

Au domaine des Trois Fontaines, les conséquences de la tempête sont bien visibles : des branchages jonchent partout le sol.

À un moment de la promenade, régulièrement, mon bipède après avoir traversé la grande prairie en pratiquant le jeté de bâton (il est nul comme majorette, faut toujours que je lui ramène l'accessoire qu'il balance n'importe où) traverse le chemin et s'engage sous le couvert sur une pente raide comme celle de son gosier, c'est vous dire si ça grimpe !

Dans la partie à 45 degrés, je peux vous dire qu'il patine grave dans la glaise saturée d'eau. Moi, ça va, j'ai quatre pattes, des griffes, de l'élan et du peps. Du coup une fois sur le faux-plat, je l'attends en contemplant ses efforts d'un œil narquois.

Un peu plus haut dans la pente, un arbre nous barre le passage, abattu par le vent. Personnellement, je m'en fous, je passe facilement en-dessous, mais lui, comment va-t-il s'y prendre ? Le contourner ? À gauche, côté racines soulevées du sol, un buisson de houx rend la chose difficile, à droite, il faudrait se frayer un chemin sur toute la longueur du tronc et le taillis est dense. Il décide donc de passer par-dessus. Il y a bien longtemps qu'il ne peut plus se hisser d'un coup sur un obstacle de plus de soixante centimètres, donc il s'y assied puis fait progressivement un demi-tour sur lui-même en faisant passer, péniblement, ses pieds par-dessus l'obstacle.

Eh ben, je peux vous dire que le steeple-chase, ça n'est plus pour lui (et d'ailleurs, l'a-ce jamais été ?).

Une fois rejoint le sentier du haut, nous nous sommes aperçu que notre obstacle  n'était pas la seule victime de la tempête, à ce rythme-là je me demande  combien de temps il va encore durer, ce petit bois derrière chez moi !


Posté par Walrus à 06:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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