23 mars 2018

Le gendarme de Signy-le-Petit

 

Lorsque nous débarquons dans ce patelin, ma maîtresse prise d'un besoin urgent se précipite dans le premier bar-tabac qui se présente à sa vue.

Quand elle y entre, les conversations vont bon train : des gendarmes en grand uniforme ont envahi la salle d'honneur (c'est comme ça qu'elle s'appelle) à l'arrière de la mairie.

Personne ne sait ce qui peut bien se passer et ça jase, ça jase !

Nous, nous aurons la solution plus tard dans la soirée : dans le restaurant de l'hôtel une table pour treize est dressée et les convives attendus prennent l'apéro au salon puis ils débarquent et s'installent. Le plan de table est sommaire : les mecs (six) à un bout de la table, les femmes à l'autre.

On attend avec intérêt leur choix de menu. Mais bernique : ils reprennent un apéro et quand ils l'ont terminé, le plus fort en gueule des mâles décide qu'il se fend d'une tournée supplémentaire, si bien que le gaillard qui est plus proche de nous et qui carbure à la bière en est à sa troisième Chimay bleue. Même mon promeneur attitré, qui a pourtant eu une bonne descente à sa grande époque, commence à devenir admiratif.

La serveuse réussit enfin à leur faire choisir leur menu et un des mecs commande deux bouteilles de Sancerre blanc et deux de rouge "pour commencer".

Leur conversation est des plus intéressantes on y apprend en vrac qu'ils sont d'anciens gendarmes et qu'ils ont assisté à une cérémonie d'hommage à je ne sais trop qui et qu'il y avait même un général présent, qu'un des gusses entraîne une équipe de foot, que le buveur de Chimay est un grand amateur de poules et ses copains décident qu'ils iront au marché de Chimay lui en acheter quelques unes, mais ils ont un peu de mal à choisir la race.

Je n'ai pas assisté à la fin de cette cène à treize parce que mes patrons avaient terminé leur repas et que même quand nous sommes redescendus mon promeneur et moi pour ma sortie d'avant minuit, ils menaient toujours grand tapage dans le resto.

Mon boss, toujours philosophe, a déclaré "J'espère qu'ils rentreront à pied !"

On n'a rien vu dans le journal du lendemain (sans doute parce qu'on ne l'a pas acheté).


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20 mars 2018

J'aime pas trop les sacs (de voyage)

 

Hier, j'ai encore réussi à me montrer persuasive (il dit "Chiante", mais ce doit être un synonyme, il est parfois pédant), il m'a emmenée au domaine. Vous auriez dû le voir quand nous sommes descendus de voiture : gants de soie dans ses mitaines/moufles de chasse en polaire, col de son pull Superdry relevé sur la nuque, capuchon de s.a.on parka par dessus sa casquette... l'avait l'air malin ! Surtout à côté de moi qui ne portais que mon harnais de sport.

Oui, j'ai deux harnais : un noir souple s'adaptant en le resserrant au moyen d'un petit clip à ressort et un autre beaucoup plus ajusté et qui supporte la douche quand je rentre trop crottée de notre promenade.

Donc, hier, j'ai réussi à le convaincre d'y aller, mais aujourd'hui, j'ai tout de suite compris que ce serait un jour "sans". D'abord, c'est mardi, jour de l'atelier de Madame, ensuite, il doit aller récupérer Louise à son stage chez les Pilifs, passer embarquer ma maîtresse à la fin de l'atelier et déposer les deux en ville (elles vont à la Monnaie/de Munt voir Cavalleria Rusticana et Pagliacci) où il devra les récupérer quatre heures plus tard, c'est râpé !

Et pour demain, je suis inquiète, ils préparent les sacs de voyage (c'est le mien le plus gros), ils parlent de Thiérache. Encore l'influence néfaste de son neveu, l'obsédé de Charleville. Pourvu qu'il n'y ait pas de nouveau ces maudites marionnettes de la dernière fois!


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18 mars 2018

Ite missa est !

 

Ce matin, j'ai bien cru que je n'y arriverais pas.

Déjà, le journal (gratuit et disponible en boulangerie) du dimanche titrait (si l'on veut bien oublier le vainqueur de la coupe de Belgique de foot et Kate Middelton déguisée en prairie de trèfle en l'honneur de la Saint Patrick) "Le 17 mars le plus froid depuis plus de cent ans".

Confirmation que le 18 ne serait pas mieux, dans la voiture la loupiote annonçant un risque de verglas clignotait à toute berzingue et affichait -1°C. D'ailleurs, il neigeait et le vent se tapait des pointes à 60km/h.

Et malgré ça, il m'a emmenée pour une promenade dominicale.

Je crois que c'est parce qu'aujourd'hui est le dernier jour de l'expo de ma maîtresse.

affiche expo transparences 2018 v2

Il était temps ! Chaque année, c'est la même chose : ça démarre un vendredi soir par un vernissage et pendant les neuf jours qui suivent, après les activités du matin (courses, kiné, ...) il faut déposer Madame au centre culturel avant 14h et l'y reprendre à 18h.

Vous me direz qu'alors, il a tout le temps de s'occuper de mon secrétariat...

FAUX !

Je ne sais pas ce qu'il a à cette période, à croire que l'absence de sa comparse (alors qu'en temps normal il passe son temps à l'asticoter) le met sur le flanc : il ne fout rien de tout l'après-midi, vautré dans un fauteuil devant la télé, il regarde des Barnaby vieux de plus de quinze ans pour la énième fois (seul intérêt deviner en un minimum d'images de quel épisode il s'agit) et les aventures de REX le chien policier autrichien ou italien selon les cas, les jeux stupides de France 3 et les matches de rugby du tournoi des six nations qu'il a enregistrés, même ceux des filles, si c'est pas malheureux !

Moi, je fais comme lui : je dors dans l'autre fauteuil. Faut avoir le moral, je vous jure !

Mais bon, demain, ce sera fini , Ouais !


 

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11 mars 2018

Profil bas, deuxième...

 

Aujourd'hui, il m'a emmenée courir sans faire trop de difficulté, mais je ne l'ai pas trop ramenée : il avait sa tête des grands jours : air renfrogné, silence à tous les étages.

Normal : hier la France a battu l'Angleterre au tournoi des six nations !


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09 mars 2018

Rude semaine !

 

Vous l'aurez constaté, l'heure n'est pas à la joie...

C'est que, comme chaque année à pareille époque, ma maîtresse organise avec deux autres ateliers créatifs, une exposition commune au Centre Culturel.

Bien sûr, comme chaque année, elle est à la bourre. Le truc démarre aujourd'hui et hier,donc, ça a été le branle-bas de combat habituel : pour bien démarrer, elle est passée chez son coiffeur, puis ils ont dû passer au magasin chercher des lattes et des agrafes pour l'encadrement de l'échiquier (et de la colle Loctite parce que les pièces du jeu avaient tendance à se décoller). En sortant de là, ils ont dû passer par la plus grosse quincaillerie du patelin (Clabots pour ne pas la nommer) pour acheter de la chaîne et des crochets de montage. Le reste de la journée s'est passée en troçonnage de chaîne et encadrement, sans parler de Louise qu'il a fallu conduire au manège...

Pendant ce temps-là, moi je ronge mon frein roulée en boule dans mon fauteuil

Et y en a pour toute la semaine...

VDM !


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06 mars 2018

Profil bas

 

Hier, comme prévu, mon promeneur est allé déposer la voiture au garage pour un entretien. Pour rentrer du garage et y retourner, il a emprunté la ligne de bus 53 sur trois arrêts dans les deux sens, combiné avec un petit trajet sur le tram 7.

Quand il a été définitivement de retour, il faisait une drôle de tête et a déclaré "La prochaine fois j'irai à pied jusqu'à l'arrêt de tram, c'est aussi rapide qu'en bus et je serai moins secoué".

"Pourquoi, le conducteur se prenait pour Schumacher ?" a demandé ma maîtresse.

"Non, rien que sur ce trajet, il y a trois jeunes femmes qui ont voulu me céder leur place assise !"

Mouarf ! Ça prouve qu'il a bien l'air de ce qu'il est : un vieux décrépit !

Mais à mon avis, je ferais mieux ne pas trop rire, il va encore me priver de sortie !


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04 mars 2018

Ouais !

 

Il pleut maintenant...

Mais ce matin, il faisait soleil, aussi ai-je décidé de faire le grand jeu : lamentations avec tremolos, yeux de cocker (la honte), course autour de la table, grattage de son genou... et ça n'a pas raté, il s'est levé en maugréant et a transféré ses semelles de ses chaussures vers ses godasses, c'était gagné !

Il m'a donc embarquée dans la voiture pour ma destination favorite (après Aldeburgh dans le Suffolk).

Au domaine, la neige avait presque totalement disparu, mais le sol était encore gelé.

J'ai tout de suite compris au début de la promenade qu'il n'avait pas son entrain habituel : il ne quittait pas les chemins balisés et avait le pas un brin hésitant, mais il sait là-contre comme ils disent par ici : quand il a les pieds de plomb il utilise une méthode personnelle que je reconnais au rythme de son souffle, pour s'obliger à prendre une cadence, il se fredonne en dedans une marche militaire. 

Comment ? Non, il n'a pas fait l'école militaire, il était planchette au premier régiment d'artillerie et vous allez comprendre pourquoi il n'utilise pas la marche de son propre régiment : trop difficile à mémoriser !

De toute manière, il a le choix il a fait six mois à l'artillerie et six autres dans le labo du service de réception de l'armée dans les locaux de l'école militaire.


 

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03 mars 2018

Rien ne va plus !

 

Tout se ligue contre mes promenades : il vente, il neige , il gèle, il pleut (et ça fait du verglas).

Et comme si ça ne suffisait pas, vendredi mes bipèdes sont retournés chez leur médecin(e) moralité : trachéite, laryngite, etc... L'alibi idéal pour ne pas sortir.

Aujourd'hui, le temps a commencé à se réchauffer, du coup je m'étais dit que peut-être l'après-midi...

Mais bernique ! Depuis onze heures, mon promeneur parcourt l'agglomération à la recherche de polyphane destiné à la réalisation du jeu d'échec de ma maîtresse. Il a fini par en dégoter à Woluwé-Saint-Lambert.

Pour lundi, ils m'ont déjà avertie que la bagnole devait aller à l'entretien.

Pour demain, ils n'ont encore rien trouvé, mais je leur fais confiance !


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01 mars 2018

Abracadabra, sacacaca !

 

Ce matin, mon promeneur attitré a été victime d'un gag que j'hésite à vous narrer. Sous ses dehors "bon enfant", il est un peu susceptible et tout à fait capable de se foutre en rogne pour un rien.

Mais tant pis, je m'y risque quand même, je ne voudrais pas que vous manquiez ça. De toute façon, il ne me privera pas de grande sortie au domaine, on n'y va déjà pas à cause du vent glacé qui balaie le paysage.

Donc, ce matin (oui je l'ai déjà dit, mais vous devez mériter ma petite histoire), en remontant la rue du Knijf, je m'accroupis sur une rosace de pissenlit (taraxacum rudelaria) pour l'orner d'un bronze tout chaud et même fumant, eu égard à la température locale.

Par mimétisme sans doute, mon accompagnateur lui aussi s'accroupit (en réalité, depuis son aventure en L3-L4, on lui a conseillé de plier les genoux plutôt que le dos) extrait du dérouleur ad hoc un sacacaca d'un discret vert pomme et cueille d'une main experte l'œuvre d'art précitée, retourne les bords du sac, en fait une torsade et termine par un nœud bien serré.

Conscient que mes efforts valent bien une récompense, je lui fais le coup du chien qui a besoin d'un petit réconfortant et il plonge sa main dans la poche qui contient le sacabonbons. Dans la poche, ça va, mais dans le sac, son gant de soie (en provenance directe des soldes chez Décathlon) l'empêche de puiser facilement dans le sac plastique un peu fripé par un usage intensif. Il enlève donc son gant gauche, transférant celui-ci dans la main droite qui enserre déjà le sacacaca et la poignée de la laisse. Il puise une friandise et me la donne puis remet son gant et on redémarre... sauf que dans la manœuvre, le sac vert a glissé le long du gant de soie et a atterri silencieusement sur le trottoir. C'est le bruit de l'explosion du sac quand il a posé le pied dessus qui a éveillé son attention et ses récriminations tandis qu'il reramassait mon chef d'œuvre avec un autre sacacaca :

"Rontudjû ! Je me doutais bien que la fin de mon existence ne serait sans doute pas très plaisante, mais que je finirais en ramasseur de merde de clebs, j'y avais pas vraiment pensé... Vie de merde, va !"

Moi, dans ces cas-là, je fais celui qui n'est au courant de rien et je tire un bon coup sur ma laisse, question de ne pas continuer à se les geler alors qu'il fait bien chaud à la maison.


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