Lundi, mon bipède s'est rendu à sa dernière séance de tripotage du genou par de délicates mains ardéchoises. J'ai donc pensé que dès mardi, tout rentrerait dans l'ordre.

Bernique ! J'avais oublié que l'atelier soie du mardi avait repris et que le mercredi il y aurait des courses (sans compter la venue de Louise qui est en congé tous les mercredis, vu qu'elle récupère de son boulot à l'Estaminet un weekend sur deux).

Je recommençais donc à me morfondre quand jeudi, dès la fin du petit-déjeuner, on m'a embarquée en compagnie de sacs tintinnabulants. Nous sommes passés par les bulles à verre et puis, direct vers les Trois Fontaines. On y était avant neuf heures, je n'y étais jamais allée aussi tôt !

Promenade classique avec courses et creusements de taupinières, nonobstant quelques interruptions dues à la présence du tondeur de gazon local chevauchant sa machine pétaradante, cliquetante et brinqueballante.

C'est au retour que j'ai compris pourquoi nous étions partis si tôt : il y avait une étrangère à la maison. Ce traître de patron m'avait emmenée pour éviter les salves d'aboiements que je ne manque jamais d'exécuter au moindre coup de sonnette.

Ils ont repris une nettoyeuse technicienne de surface pour l'entretien de l'appartement. Fallait que je me rattrape, je lui ai réservé l'accueil qu'elle méritait : double ration d'aboiements. On n'est vraiment plus chez soi !

Remarquez qu'on finit par s'y faire. Celle-ci est une Portugaise pur jus : plutôt petite, le cheveu noir, pleine d'énergie et de bonne humeur. Maria (prononcez "Mèrîîia") qu'elle s'appelle. La précédente s'appelait Bouchra, elle aussi était sympathique, elle également savait où se trouvaient mes friandises, mais un jour, après s'être mariée, elle a disparu.