Parfaitement , je suis victime d'un vrai complot : le monde entier s'en prend à ma promenade favorite !

Les premiers jours, c'était la météo : faisait "pisseux". Ensuite c'étaient les tenants du principe de précaution : ils ont fermé le domaine pour risque de chute de branches parce qu'on prévoyait des rafales de vent. Maintenant que le vent est tombé en vertu du dicton "petite pluie abat grand vent", ils ont barré la route pour trois jours pour travaux de réfection.

Et à partir de demain, c'est marché de Noël au centre culturel où ma maîtresse tient son atelier soie.

Un complot je vous dis !

Bon, pour être honnête, ce matin j'ai quand même eu droit à un heure de promenade : mes bipèdes m'avaient emmenée avec eux sous prétexte que si je restais avec la gentille petite Portugaise qui nettoie l'appartement, j'allais tellement aboyer quand  le facteur viendrait déposer un colis que la pauvre Maria ne comprendrait rien dans le parlophone.

Bref, après avoir déposé sa moitié chez le kiné et avoir fait un détour par la pharmacie, mon promeneur a garé la voiture et m'a emmenée faire un tour dans le quartier où il avait habité pendant quarante ans. Une sorte de pélerinage j'imagine. L'ennui c'est que là, pas question d'enlever ma laisse.

On est d'abord passés voir son ancien domicile, puis allés vérifier qu'une boîte aux lettres du clos Tonnet mentionnait toujours le nom "Dabrowski", ensuite il est allé perdre son temps à lire les pancartes pédagogiques du talus du Heymbosch. En sortant de là, nous sommes entrés dans le bois de Dieleghem où il faisait assez boueux et où j'ai rarement rencontré autant d'autres chiens en balade, puis on est revenus à la voiture juste à temps pour recevoir l'ordre de départ de Madame à son chauffeur.

Finalement, il a bien fait de m'emmener, c'est meilleur pour sa santé que d'attendre ma maîtresse en faisant des mots croisés dans la bagnole.