Hier, comme prévu, ils m'ont lâchement abandonnée au profit de ces maudits chats.

Aussi, aujourd'hui, pour se faire pardonner, mon bipède s'est-il cru obligé de m'emmener courir au domaine des Trois Fontaines.

Ça fait plusieurs fois que j'y rencontre un représentant de ma race (normal, me direz-vous : nous, les Jack Russell Terriers, sommes les chiens favoris des Belges (au vu de la réputation de ces derniers, je ne sais pas si c'est flatteur)).

Il a la même robe que mon père (mais non, c'est pas le chien du chevalier d'Eon, je parle de la couleur de son pelage) : blanche tachée de café au lait, d'où son nom : Moka (je parle de mon père, là, pas de la bestiole que j'ai rencontrée dont j'ignore le patronyme). Par contre il est beaucoup plus court sur pattes que papa et même que moi, ce qui fait qu'à la course je le bats facilement, pourtant il se démène grave pour essayer de me semer.

Il est également accompagné d'un bipède qui, coïncidence, se déplace lui aussi moins vite que le mien en vertu du proverbe bien connu "Tel chien, tel maître".

Ce quidam est aussi pourvu d'un bâton, mais contrairement au mien, il ne le lance pas pour que son chien le lui rapporte : il s'appuie dessus pour marcher. Autre différence qui explique pourquoi j'ignore le nom de la bestiole : son promeneur au lieu de le faire revenir quand il cavale trop loin avec moi en l'appelant par son nom, utilise un petit sifflet au son suraigu dont le chien se soucie comme de sa première culotte (pour peu qu'il en ait jamais porté une). Et le mec souffle, souffle dans son instrument ! Peut-être doit-il faire des exercices pour améliorer sa capacité pulmonaire...

Sont bizarres ces humains, leur comportement est assez peu standardisé, faudrait peut-être que je consulte un comportementaliste animal pour éclaircir la question...