24 février 2019

Le jeu du bâton

 

Au jeu du bâton, je suis une vedette car, à l'instar des grand gardiens de but du foot international, je suis la reine de l'antici-pation.

Dès que mon bipède s'apprête à lancer le bâton, je me mets à galoper dans la bonne direcion : celle où il va lancer son projectile ligneux.

Cet humain est tellement prévisible !

 À peine fais-je mine de balancer son bout de branche que le chien se met à courir ventre à terre.

Il faut que j'attende pour pouvoir lancer le machin dans la direction où il s'est élancé si je veux qu'il ait une chance de le retrouver.

Ce chien est complètement stupide !


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17 février 2019

En voiture Simone !

 

Hier, contrairement à aujourd'hui, nous ne sommes pas allés courir dans les prairies du domaine des trois fontaines.

Nous sommes partis en voiture.

La voiture, sur les autoroutes, ça va : je m'allonge sur la banquette et bercée par le ronronnement régulier du moteur, je m'assoupis. Pareil pour ma maîtresse.

Là où c'est moins drôle, c'est quand mon chauffeur (et j'ai l'impression qu'il s'ingénie à en trouver) emprunte des petites routes sinueuses ou traverse des patelins remplis de ronds-points en changeant régulièrement de régime moteur : je suis ballottée d'un côté à l'autre et ça m'énerve, alors je rouspète, je grogne et là, c'est eux qui n'aiment pas ça.

Hier, ils sont allés à Chimay manger le menu Saint-Valentin de la Ferme des 4 Saisons (pendant ce temp-là, ils m'abandonnent dans la voiture où je dors dans mon panier sur le siège arrière).

Je me demande bien pourquoi ils se sont crus obligés de faire ça, vu que le jour même de cette fête stupide, ils avaient déjà englouti des noix de Saint-Jacques en carpaccio, du foie gras mi-cuit et du homard, le tout arrosé de Champagne rosé (et après, mon bipède dit qu'il dort mal, soi-disant parce que je me collerais contre son estomac dans le lit).

Ce bipède, il parle en conduisant. Je me demande bien à qui il s'adresse vu que son binôme s'endort dès que la voiture démarre. C'est comme ça qu'en arrivant à Chimay il a déclaré "Tiens, Chimay est jumelé avec Conflans-Sainte-Honorine !" et après un instant (est-ce que par hasard il aurait réfléchi ?) "C'est vrai que ces patelins sont chacun à un bout de l'Oise".

J'ai pas répondu, qu'est-ce qu'il veut bien que ça me fasse ! Moi ce qui m'intéresse, c'est quand on va bien pouvoir aller se promener dans la forêt de Chimay, parce que ça commence à bien faire ce trajet en bagnole !


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15 février 2019

Chouette des ouettes !



Voilà que nous rentrons de notre promenade au domaine mon bipède-secrétaire-promeneur et moi.

Il a beau regarder en boucle une pub qui dit "On n'arrête pas parce qu'on vieillit, on vieillit parce qu'on arrête", il me semble qu'il est un peu mou ces derniers temps, même si aujourd'hui au lieu de s'arrêter dès la première grande prairie toute plate, il a pénétré dans le domaine et m'a emmenée dans des endroits plus vallonnés.

N'empêche, il a refusé tout net de passer par dessus le tronc du hêtre couché par la tempête et de descendre la pente raide menant vers le chemin du bas. Et d'autre part, nous ne poussons plus jusqu'aucun des étangs au bord desquels des palmipèdes divers attendent que je les pourchasse (ce qu'ils évitent en se jetant à l'eau les salauds).

Il mollit je vous dis !

En parlant de palmipèdes, voilà-t-y pas que ce matin, en débouchant dans la grande prairie en descendant de la chapelle, j'aperçois deux oies du Nil qui marchent côte à côte en me tournant le dos. On se serait cru dans Les Aristochats !

"Bien, bien, elles ne m'ont pas aperçue et pas la moindre mare en vue, elles ne vont pas pouvoir utiliser leur subterfuge habituel, j'y vais !" (Ça, c'est ce que je me suis dit dans mon moi-même comme ils disent par ici).

J'ai donc piqué un sprint, ventre à terre dans leur direction (dans le genre du konaïn dans la fable de Virgile, vous savez : "Y s'met à galoper si vite sur le gazon qu'och eerme, ses deux yeux pendaient sur son plastron !").

Et vous savez quoi ? Elles n'ont pas plongé vu qu'il n'y avait pas d'eau, elles se sont envolées en menant grand tapage !

Et moi je suis restée le bec dans l'eau (si j'ose dire, vu qu'il n'y en avait pas de l'eau, je l'ai déjà dit).

Peut-être que demain...


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09 février 2019

C'était téléphoné

 

Comme vous l'aurez sans doute appris sur le blog personnel de mon secrétaire qui ferait mieux de s'occuper de moi plutôt que de  balancer des âneries sur la place publique, nous avons déménagé voici quelques mois.

Comparé au rez-de-chaussée, le quatrième, je peux vous le dire, c'est pas pratique du tout !

Déjà, on ne voit rien de ce qui se passe sur le chemin devant l'immeuble donc, aucune raison d'aboyer sur tout ce qui bouge, vu que rien ne bouge !

Ensuite, il y a l'ascenseur ! C'est une boîte avec un couvercle vertical qui poduit des bruits bizarres avant de commencer à se mouvoir et qui continue à en produire pendant qu'elle se meut (la vache !). Je ne suis d'ailleurs pas certaine de ce qui se déplace là-dedans : l'ascenseur ou l'immeuble ? Tout est relatif comme le disent aussi bien Einstein que le prof de grammaire.

Mais passons...

Au rez-de-chaussée, on sonnait assez peu à la porte parce que si on attendait de la visite, mes bipèdes voyaient souvent arriver les visiteurs et ouvraient les portes avant que ceux-ci ne sonnent.

Ici, c'est bernique : tous ceux qui viennent doivent sonner, ce qui me permet de donner un concert d'aboiements entre le moment où ils sonnent et celui où ils débarquent dans l'appartement. Grâce à l'ascenseur (un seul pour dix-neuf appartements) j'ai souvent le temps de sortir une œuvre en plusieurs mouvements !

Alors, mes cohabitants ont inventé une astuce : ils demandent aux visiteurs de les appeler sur leur téléphone pour éviter d'utiliser la sonnette et déclencher une nouvelle et brillante (qui qu'a dit "bruyante" ?) interprétaion de ma part, les salauds !

Mais t'inquiète, j'ai eu vite compris la manœuvre et maintenant, j'aboie dès qu'un des téléphones sonne, on n'est jamais assez prévoyant !


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08 février 2019

Je suis sur les dents

 

Hier, dans ma course à travers la prairie à la recherche d'un bâton pour mon accompagnateur-majorette, je suis tombé sur un truc bizarre.

À un bout, ça avait l'air d'un bâton classique, mais à l'autre, il y avait un enchevêtrement de tiges.

Ce sont des racines ! m'a soufflé mon bipède.

Donc, ce truc ressemblait à une massue avec un bout plus lourd et plus volumineux.

Mon promeneur semblait pouvoir le balancer plus loin que les bâtons habituels, il n'a pourtant pas la stature d'un champion olympique du lancer de marteau ! Mais bon, ça me faisait courir un peu plus que d'ordinaire (faut bien que j'élimine tout ce que je leur extorque comme bonbons).

En plus, celui-ci avait encore son écorce, j'adore en arracher une partie à belles dents chaque fois que je ramasse le bout de bois.

Mais à la fin de la promenade, il y avait un truc qui me gênait dans la bouche et j'ai eu beau secouer la tête, gratter entre les dents avec mes griffes, rien n'y faisait.

En rentrant à la maison, mon bipède à dit à sa comparse "Je crois que le chien (c'est dingue cette manie qu'il a de nier ma féminité) a un truc de coincé dans sa gueule..."

Ma maîtresse m'a emmenée dans la salle de bain (de toute façon, j'y vais après chaque grande sortie pour me rincer les pattes), elle m'a ouvert la bouche et en a retiré un lambeau d'écorce qui y était resté coincé en travers. Et pour la première fois de ma vie, j'ai eu droit à un brossage de dents !

C'est marrant, ça gratouille !

Faudra que je pense à remettre ça...


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07 février 2019

Transport

Aujourd'hui,  nous sommes allés au domaine des trois Fontaines.

Compte-rendu du voyage aller :

Chouette ! Il me met mon harnais de sport ! Faut que je lui montre mon enthousiasme...
 - Câline, bordel, t'as pas fini de sauter comme une puce? Je vais encore te marcher sur une patte !
Tiens, ça sent bizarre dans l'ascenceur, je renifle quoi sur le sol, près de la porte ?
 - Assis ! Tu vas déclencher la sécurité et on va être bloqués !
Bon, il ne va pas directement au garage, je vais l'y traîner de force ventre à terre.
 - Tu vas faire pipi avant de monter en voiture, oui ou non ?!
Mais c'est qu'il tire comme un fou sur ma laisse... Ouais, bon, voilà ! Comme si ça venait à un quart d'heure au bout d'une nuit ! Alors, il se lève ce volet ? Ouais, ça y est, je passe !
 - Mais arrête de tirer comme une dingue, j'peux pas passer dans trente centimètres !
Ah, j'aperçois la voiture ! Ouvre ! Ouvre! Ouvre !
 - Vas-y, saute sur le siège arrière !
Il est con parfois, où veut-il que je saute d'autre ? Et je te détache la laisse et je t'accroche à la ceinture de sécurité, et je referme la portière, et j'ouvre celle de devant, et je m'installe à l'aise... bon, j'arrête l'énumération, on finira bien par sortir du garage. Je vais quand même l'encourager un peu...
 - Tu vas pas commencer ? Tais-toi !
Je vois qu'il apprécie mon soutien, je vais continuer pendant tout le trajet !
 - Non mais, tu vas la fermer ? Couché ! Panier !
C'est vrai que du panier, je peux me dresser pour regarder par la fenêtre si ça progresse. Et ça va pas vite, c'est quoi tous ces énergumènes devant nous, ils ne vont quand même pas tous envahir ma prairie... Je vais les dissuader en aboyant un bon coup...
 - Mais t'es folle ma parole, si tu continues, je fais demi-tour !
Bon, ça va, je vais mettre un sourdine, mais légère, faut pas laisser retomber la pâte...
Allez, plus que trois ronds-points et on y est...
Voilà !
Mais qu'est-ce qu'il fout ?
 - Attends, j'écoute la fin du morceau...
Mais j'en ai rien à foutre de Jean-Sébastien, je vois l'herbe par la fenêtre !
Et c'est pas fini, je le connais, il va falloir replier le rétroviseur (comme s'il y avait un trafic monstre dans ce trou du cul du monde), puis il va empocher ma laisse dans sa parka, enfiler ses moufles (est-ce que j'ai froid aux pattes, moi ?), faire le tour de la bagnole, ouvrir la portière et enfin me détacher. Mais tire-toi, tu bouches la sortie, loempe boer !
Ah, c'est pas trop tôt, à moi les grands espaces !
 - Câline, ici ! ne cours pas sur la rue !
Lui et sa sécurité! S'il avait pas été devant moi, j'aurais pas dû faire un crochet non plus...


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03 février 2019

Winterreise

 

Comme vous l'avez sans doute remarqué, c'est l'hiver !

Et l'hiver, c'est la saison où je peux le mieux constater que mon promeneur attitré se prend pour un (ex) scientifique !

Bon, s'il se contentait d'étudier les déjections cuniculaires, ce ne serait qu'un demi-mal, mais où ça devient énervant c'est que quand je ne pense qu'à courir dans la neige (j'adore courir dans la neige et quand j'étais plus jeune, je la mangeais même), lui, il pense différence de température, déperdition calorifique, échanges thermiques et toutes ces sortes de choses qui lui font invariablement conclure qu'il faut diminuer mon temps de sortie pour éviter que je me gèle les pattes !

Tout ça relève du coup monté et de l'excuse à la mords-moi le nœud : tout le monde (et même lui) sait très bien que nous, les chiens, avons des coussinets chauffants sous nos pattes et qu'il faut qu'il caille plus fort encore qu'en Iowa la semaine dernière pour nous geler les petons !

Escroc !


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