Finalement, ça se passe moins mal que prévu. Dès que mon promeneur attitré rentre de sa visite chez ces maudits chats, il m'emmène au domaine malgré l'heure déjà bien avancée. Bien sûr, la plupart du temps j'ai juste le temps de me payer une petite galopade dans la grande prairie avant de retourner à la voiture.

Aujourd'hui, nous sommes même descendus jusque devant l'orangerie par l'allée des hêtres pourpres. Il y en a un qui a perdu un morceau, sans doute à cause du vent, une brindille d'environ trois cent kilos. J'ai toujours dit qu'on devrait s'en tenir aux espaces découverts où je peux galoper à l'aise plutôt que de risquer sa peau sous le couvert des arbres. Ça peut devenir dangereux le boulot de promeneur de chien quand on s'entête à préférer les chemins forestiers aux grandes prairies.

Remarquez que, personnellement, je ne risque pas grand chose avec mes sens aiguisés et mon agilité proverbiale, mais lui, perclu de rhumatismes comme il est, le pauvre vieux, je le vois mal esquiver lestement une branche arrachée. Mais bon, il est têtu !

Plus loin, en bordure de bois près de la ceriseraie, nous avons vu un pin aux aiguilles toutes brunes. Et pas un rikiki comme ceux du jardin japonais de la grande prairie, non un beau grand pin, ça va en faire du bois mort !

À bien réfléchir d'ailleurs, je me demande si les hêtres ne souffrent pas eux aussi de ces vagues de chaleur et de sécheresse à répétition, ils ne sont plus adaptés au climat changeant.

C'est bien triste tout ça !

Remarquez que moi, tant qu'il reste de l'herbe...

Ben non, je ne mange pas d'herbe ! (Encore que...)