Depuis quelque temps, en dehors de ceux d'atelier et de kiné de ma maîtresse, nous allons tous les jours courir aux trois fontaines (enfin, je me comprends : moi je cours et lui, il se traîne).

Comme nous y allons assez tôt, j'ai toute la prairie pour moi toute seule.

Aujourd'hui, nous devions être un peu plus tard que d'ordinaire (et en plus c'est dimanche, le jour de grande sortie des autres chiens) si bien qu'au moment où nous allions repartir, mon copain Jack Russell est arrivé. Son promeneur doit être journaliste : il tient une tribune (à deux mains).

Dès qu'il m'a vue, il est accouru vers moi. Il a une drôle de dégaine : ses pattes arrières sont très courtes et son popotin plutôt charnu, si bien que quand il court, il est loin d'avoir mon élégance, pauvre chou !

Quand il est arrivé, je me promenais encore avec mon bâton  dans la gueule et vous savez quoi ?

Il a voulu me le prendre !

Quel sans gêne dis donc !

Du coup, j'ai lâché le bâton et je l'ai poursuivi en aboyant.

Mon bipède a échangé quelques mots avec le journaliste et puis nous sommes remontés en voiture. Et bien sûr, je l'ai vu par la fenêtre, le copain s'est emparé du bâton que j'avais laissé dans l'herbe et il est parti le tendre à d'autres chiens pour jouer avec eux.

Quel amelaiken dojker c'ui-là ! Moi quand j'ai un bâton, je le donne à personne, même mon promeneur ne peut me l'arracher que de haute lutte. Nomého !