Ce matin, tandis que mes bipèdes déjeunent (oui, ici, on déjeune le matin, on ne petit-déjeune pas pour permettre aux aristos de déjeuner à midi quand ils sortent du lit comme dans la France des Louis numérotés), le smartphone de la part féminine du couple émet un signal sonore léger.
La propriétaire de l'engin y jette un œil, ne voit rien et conclut "Ce doit être quelqu'un qui a joué" (oui, elle joue à des jeux de mots avec quelques copines, y en a même une en Bretagne !) et elle en profite pour consulter l'App météo du machin. Ce petit programme détermine l'emplacement où se trouve le téléphone grâce à la puce GPS de celui-ci et vous annonce fièrement le temps qu'il va y faire.
"Vent 10km/h maximum" lit ma maîtresse.
Pendant ce temps-là, dans la cuisine, le défaut de fermeture du châssis de la fenêtre basculante chante sa mélopée des jours de tempête, la rambarde en alu du balcon crépite sous le choc des gouttes de pluie et une bourrasque jette au sol une des ellébores posées sur une des jardinières à roulettes.
Son déjeuner terminé, mon promeneur enfile sa tenue de sortie et m'emmène... sur le pas de la porte du hall. La pluie tombe sec (si j'ose dire), aussi, je me dépêche de faire pipi sur le bout de pelouse le plus proche et je cours me réfugier à l'abri du porche d'entrée. Mon bipède ouvre les portes et nous remontons à l'appartement.
Au bout d'un moment, les choses semblent se calmer dehors et je lance ma sérénade sur le ton d' "a little walk outside". Je suis immédiatement obéie (manquerait plus qu'une rébellion pour parfaire la journée...) et mon "maître" (mouarf) réenfile sa tenue. Nous descendons au garage, il m'embarque dans la bagnole, remplace ses chaussures par ses bottes et nous voilà partis pour le domaine.
Là, tout se passe bien : petit pipi par-ci par-là sur le sol détrempé, sauts pour obtenir des friandises, course derrière ces intruses de mouettes et quelques pigeons locaux tandis que mon bipède entretient sa trace.
Quoi, "Pas caca ?" Restez discrets voyons !
Au moment où nous rejoignons la voiture, quelques gouttes recommencent à tomber, je grimpe sur le siège arrière et mon promeneur m'attache puis me balance une (trop petite) poignée de "boules" (c'est comme ça que cet ex-Wallon appelle les friandises) plutôt que de me les présenter une à une, parce que sur son dos, le tambourinement de la pluie s'accélère. Il n'a que le temps de grimper dans l'auto (il n'a même pas pu remplacer se bottes par ses souliers) et nous redémarrons. C'est LA bourrasque : vent, pluie, neige fondante et grésil. En progressant sur la Beneluxlaan, nous devons faire un écart pour éviter la branche plutôt touffue d'un de arbres du parking du hall de volley qui a été à moitié arrachée par le vent et pend lamentablement. Nous rentrons alors chez nous à la vitesse incroyable de 10 km/h.
C'est ça ! L'annonce météo avait utilisé un raccourci... audacieux !