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Tu parles d'une vie de chien !
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12 mai 2026

Invasion

  

Aujourd'hui, c'est journée de grève nationale (une  tradition dans ce pays de cons), alors ma copine Louise n'avait pas de bus pour se rendre à son boulot à l'estaminet de la ferme des Pilifs.

Du coup, (oui je parle moderne) la nuit dernière, elle a logé chez nous et nous l'avons déposée sur son lieu de travail en partant pour mon défoulement quotidien.
 

En arrivant au domaine, j'ai aperçu de gros ballons en plastique déposés sur le sol de ma prairie.

Le temps de nous garer et de descendre de voiture, nous avons vu arriver en rangs (vaguement ordonnés) un troupeau de jeunes ados qui ont commencé à se disposer autour de mon lieu de course favori. Gonflé·e·es les mec·que·s !


Bref, j'ai dû aller me dérouiller les guibolles à l'autre bout du terrain, près de la passerelle qui enjambe le chemin creux.

Mais ils ont été punis de leur outrecuidance : dès que nous sommes remontés en voiture, la pluie à commencé à tomber !

 


 

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3 février 2018

Inquiète je suis !

 

Ce n'est pas parce qu'il n'est pas occupé à tapoter pour moi que mon promeneur (de chien) solitaire quitte pour autant son poste de travail.

Et ces derniers jours, les nouvelles sont alarmantes pour les abeilles : Monsanto remet ça avec ses trucmuches en "cide", l'Europe s'en fout, Pollinis pétitionne et Avaaz lève des fonds en vue du prochain combat.

Et mon miel, alors ?

Parce que le matin, je mange du miel !

Mon boss et moi, on s'est réparti le boulot : il mange les croûtes de ses tartines et je boulotte la mie dégoulinante de miel. Ça fait des taches collantes sur le sol  si on ne s'aperçoit pas tout de suite que des gouttes ont échappé à ma voracité...

Quand nous avons tout avalé, il s'écarte un peu de la table et je saute sur ses genoux : vue imprenable sur la rue et c'est justement l'heure où un maximum de monde y passe, y a de quoi faire côté aboiements !

Mon esclave me caresse la poitrail de la main gauche et s'il repose la main sur la table, je vais rechercher son avant-bras avec ma patte, c'est qu'il interromprait son boulot discrétos si je le laissais faire, non mais !

Ça ne m'étonnerait pas qu'il ait une lourde hérédité socialisto-gréviste, celui-là !


13 janvier 2018

Rituels

 

Les débuts de sortie sont toujours pareils : lassé de m'entendre geindre lamentablement à ses pieds, mon bipède s'extrait de son siège de dactylo en émettant la première expression de sa liste d'appellations à mon égard et se dirige vers l'armoire vestiaire. Il s'y empare de son couvre-chef qu'il visse sur sa cafetière puis de sa pelure de saison (s'il échet) et l'enfile puis referme la porte de la penderie.

Pendant ce temps, j'attends à ses pieds, assise ou en rotation accélérée selon mon humeur. Il empoigne ensuite mon harnais et la laisse "qui va avec" comme ils disent par ici et se penche vers moi au grand dam de ses lombaires pour me harnacher et m'accrocher.

C'est alors qu'invariablement, je me rappelle que je n'ai pas encore fait mes exercices d'assouplissement et de stretching (moi aussi j'ai des lombaires) et je les exécute : étendre les pattes avant, plonger la tête et le torse vers le bas, creuser le dos, remonter les fesses. Répéter l'exercice deux ou trois fois puis, pour bien décontracter tous les muscles, me secouer rotativement puis exécuter trois tours au petit trot autour du mec penché vers moi.

Il s'extasie, s'adressant à son binôme : "Les chiens sont plus malins que nous, ils savent qu'il faut s'assouplir régulièrement !"

Il dit ça pour la galerie, mais je sais bien qu'au fond de lui, ça le fait profondément chier ces petits exercices (sans quoi, pourquoi je les ferais ?).


12 juillet 2020

Mauvais signe


Hier, ma bipède favorite, sa sœur et ses parents sont venus souper chez nous.

Grande conversation à propos de voiture et de valises : ce matin, ils doivent être sur la route des Côtes d'Armor !

Pourquoi c'est mauvais signe ?

Parce que, comme chaque année, c'est mon promeneur qui doit aller matin et soir nourrir les chats, ouvrir et fermer les volets, arroser le jardin, les bacs à fleurs et les arbres en pots.

Du coup, mes promenades matinales vont se résumer à un petit tour hygiénique.

Maudits chats !

Ils sont trois : Zig, un mâle, Puce et Léa, deux femelles. Les deux premiers, je les connais, ils vont et viennent et je les poursuis dans le jardin. Léa ne sort jamais parce que si elle sort, Puce l'empêche de rentrer, quelle teigne ! Alors, elle vit dans les étages : elle a bien de la chance car elle partage la chambre de ma bipède favorite.

Il y en a pour trois semaines...

J'aime pas les vacances !


19 avril 2020

Les jours se suivent...


Hier, je n'ai pas pu vous faire de compte rendu de promenade, mon bipède a passé la journée à râler contre un certain Canalblog, rugissant des trucs que j'ose à peine répéter genre "Font chier ! Tous les weekends c'est pareil ! Bordel de... !" j'arrête là, des fois que des gosses confinés et désœuvrés viennent soulager leur ennui en lisant mes palpitantes aventures.

Hier donc, dès que nous avons débouché dans l'avenue de la Bugrane (vous connaissez cette fabacée vous ? Mon bipède devrait peut-être l'utiliser pour son bête jeu du samedi), un vrombissement suspect nous a fait comprendre que les choses ne se déroulaient pas comme à l'ordinaire.

Nous avons pu confirmer notre impression dès qu'en escaladant la butte, nous avons eu vue sur le champ jouxtant (encore un mot à deux francs cinquante, comme chantait Boris) le Craetbos. Un tracteur piloté par un boer local labourait ce champ qu'il avait vaguement hersé quelques jours plus tôt.

Confirmation supplémentaire, des effluves de mazout de chauffage à combustion incomplète embaumaient tout l'environnement ! Et je parle pas de la fumée bleue de l'huile et de la poussière de limon.

Nous avons donc dû modifier notre itinéraire : nous avons escaladé la butte jusqu'en haut, longé la bordure du bosquet culbutée par le dit paysan et là, j'ai pénétré dans la prairie ou j'avais aperçu Max les deux jours précédents, mais il ne s'y trouvait personne. Elle longe les jardins d'un quartier de Koningslo et il y en a un où j'ai même vu un pigeonnier (duiventil et parfois hok pour les locaux, encore que beaucoup de ces "locaux" soient des francophones).

En quittant cette prairie, mon promeneur s'est arrêté devant sa barrière définitivement HS repoussée sur le côté. Il a poussé un sifflement admiratif puis s'est exclamé "Ça c'est de l'artisanal : du tube à gaz d'un pouce et demi ! Avec coudes, raccords en T et tout et tout !". Dans une autre vie, il a dû être plombier...

Nous avons repris le chemin et nous sommes rentrés par le sentier médian.

En débouchant dans la propriété, nous avons aperçu Baudelaire (l'épagneul breton de Maryvonne) qui s'éloignait avec son promeneur rétribué. En dehors du paysan au tracteur, c'est le seul être humain (le promeneur, pas Baudelaire) que nous avons croisé durant notre périple.

Aujourd'hui, par contre tout est rentré dans l'ordre, nous avons vu et même croisé du peuple à deux et quatre pattes, même qu'à l'approche du grand chien noir et de son couple de promeneurs je me suis écartée et ai entraîné le mien dans les labourés. Mais il s'en fout, il a des godasses ad hoc (bon, pour les chevilles, c'est peut-être autre chose).


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9 février 2019

C'était téléphoné

 

Comme vous l'aurez sans doute appris sur le blog personnel de mon secrétaire qui ferait mieux de s'occuper de moi plutôt que de  balancer des âneries sur la place publique, nous avons déménagé voici quelques mois.

Comparé au rez-de-chaussée, le quatrième, je peux vous le dire, c'est pas pratique du tout !

Déjà, on ne voit rien de ce qui se passe sur le chemin devant l'immeuble donc, aucune raison d'aboyer sur tout ce qui bouge, vu que rien ne bouge !

Ensuite, il y a l'ascenseur ! C'est une boîte avec un couvercle vertical qui produit des bruits bizarres avant de commencer à se mouvoir et qui continue à en produire pendant qu'elle se meut (la vache !). Je ne suis d'ailleurs pas certaine de ce qui se déplace là-dedans : l'ascenseur ou l'immeuble ? Tout est relatif comme le disent aussi bien Einstein que le prof de grammaire.

Mais passons...

Au rez-de-chaussée, on sonnait assez peu à la porte parce que si on attendait de la visite, mes bipèdes voyaient souvent arriver les visiteurs et ouvraient les portes avant que ceux-ci ne sonnent.

Ici, c'est bernique : tous ceux qui viennent doivent sonner, ce qui me permet de donner un concert d'aboiements entre le moment où ils sonnent et celui où ils débarquent dans l'appartement. Grâce à l'ascenseur (un seul pour dix-neuf appartements) j'ai souvent le temps de sortir une œuvre en plusieurs mouvements !

Alors, mes cohabitants ont inventé une astuce : ils demandent aux visiteurs de les appeler sur leur téléphone pour éviter d'utiliser la sonnette et déclencher une nouvelle et brillante (qui qu'a dit "bruyante" ?) interprétaion de ma part, les salauds !

Mais t'inquiète, j'ai eu vite compris la manœuvre et maintenant, j'aboie dès qu'un des téléphones sonne, on n'est jamais assez prévoyant !


2 janvier 2019

Rencontre

 

Hier, comme prévu, ils m'ont lâchement abandonnée au profit de ces maudits chats.

Aussi, aujourd'hui, pour se faire pardonner, mon bipède s'est-il cru obligé de m'emmener courir au domaine des Trois Fontaines.

Ça fait plusieurs fois que j'y rencontre un représentant de ma race (normal, me direz-vous : nous, les Jack Russell Terriers, sommes les chiens favoris des Belges (au vu de la réputation de ces derniers, je ne sais pas si c'est flatteur)).

Il a la même robe que mon père (mais non, c'est pas le chien du chevalier d'Eon, je parle de la couleur de son pelage) : blanche tachée de café au lait, d'où son nom : Moka (je parle de mon père, là, pas de la bestiole que j'ai rencontrée dont j'ignore le patronyme). Par contre il est beaucoup plus court sur pattes que papa et même que moi, ce qui fait qu'à la course je le bats facilement, pourtant il se démène grave pour essayer de me semer.

Il est également accompagné d'un bipède qui, coïncidence, se déplace lui aussi moins vite que le mien en vertu du proverbe bien connu "Tel chien, tel maître".

Ce quidam est aussi pourvu d'un bâton, mais contrairement au mien, il ne le lance pas pour que son chien le lui rapporte : il s'appuie dessus pour marcher. Autre différence qui explique pourquoi j'ignore le nom de la bestiole : son promeneur au lieu de le faire revenir quand il cavale trop loin avec moi en l'appelant par son nom, utilise un petit sifflet au son suraigu dont le chien se soucie comme de sa première culotte (pour peu qu'il en ait jamais porté une). Et le mec souffle, souffle dans son instrument ! Peut-être doit-il faire des exercices pour améliorer sa capacité pulmonaire...

Sont bizarres ces humains, leur comportement est assez peu standardisé, faudrait peut-être que je consulte un comportementaliste animal pour éclaircir la question...


21 octobre 2018

Le monde est bien fait

 

Bientôt un mois que mon secrétaire est indisponible, c'est vous dire s'il s'en est passé des choses ! Il vous racontera peut-être (ou pas).

Rassurez-vous, nous sommes allés nous promener plusieurs fois mais il n'a pas voulu me laisser lui dicter mes comptes-rendus, débordé qu'il disait.

Aujourd'hui, j'ai fait une observation  intéressante : la prairie où nous sommes allés recèle quelques taupinières (non, je n'ai pas creusé comme d'ordinaire). Avec le temps, leur monticule s'affaise, laissant au sol de petits ronds de terre sans végétation. Chacun d'entre eux exhibe sa collection de cacas de lapins. Malgré mon flair proverbial, je n'ai pas réussi à découvrir de semblables déjections dans les herbes alentour.

J'en conclus donc que s'il n'y avait pas de taupes, les lapins ne sauraient pas où chier !

Si, si, je le répète : le monde est bien fait !

 

Quoi ?

Et moi ?

Moi je peux me soulager n'importe où : mon ramasseur suit avec sa collection de sacacacas.


4 février 2018

Et voilà !

 

Chaque année à pareille époque, c'est la même chose : il abandonne son fauteuil de bureau pour un de ceux du salon (celui que son épouse et moi consentons à lui laisser, donc généralement celui d'où il ne peut regarder la télé que sous un angle rasant, bien fait parce que c'est lui qui nous rase !).

C'est qu'hier, c'était le premier jour du tournoi des six nations.

Il avait bien dit qu'on s'y mettrait le soir pour ce billet, mais sa moitié lui a signalé qu'après les deux matches de l'après-midi (promenades hygiéniques réglées sur les temps de repos entre les mi-temps avec déréglage total de mon horloge interne, comme si c'était pas assez avec leurs heures d'hiver et d'été), il y avait encore du rugby sur la quatre en soirée.

Je ne sais pas ce qu'il trouve à ce jeu stupide, je crois simplement qu'il adore voir les Français se faire battre (c'est comme ça la grande amitié franco-belge).

Le soir, il a hésité, c'était un match "colatéral" comme vendredi le France-Irlande des moins de vingt ans et j'ai bien cru qu'il allait y renoncer pour faire son boulot de secrétaire, mais il s'est aperçu que c'était un match de filles !

Alors là, il aime le rugby en général, mais le rugby féminin, il adore !

J'ai cru qu'il allait râler, parce que là, ce sont les Françaises qui ont gagné. Mais non, il a dit "Normal, tout le monde sait que les femmes sont supérieures aux hommes !"

Le pire c'est que je le savais, c'est pareil pour les chiens : y a qu'à me voir !


26 janvier 2018

Plongée dans l'Underground

 

Ça fait maintenant quatre jours que la porte donnant vers l'extérieur est condamnée pour remise en état du dallage.

Je commence à m'y faire, mais les premières fois, c'était déprimant.

En temps normal, quand mon bipède et moi descendons au sous-sol, c'est bon signe : c'est pour embarquer dans la voiture et aller promener. Mais là, ça va faire vingt fois que nous empruntons l'ascenseur ou les escaliers juste pour sortir par le garage pour ma sortie "hygiénique". Chaque fois je me dis "Cette fois-ci, c'est la bonne !" et chaque fois c'est tintin pour la bagnole. Y a de quoi déprimer, non ?

J'avais quand-même eu des doutes les premières fois parce qu'au lieu d'emprunter le long couloir qui, après quelques coudes et portes coupe-feu débouche dans le garage, on m'avait entraînée dans l'autre sens, à travers d'autres couloirs et d'autres portes pour aboutir à un escalier qui remontait au rez-de-chaussée de l'autre entrée du bâtiment.

Je n'imaginais pas que le monde souterrain de l'immeuble était si vaste et complexe avec ses airs de bunker sinistre.

Vivement qu'on revienne à la normale et qu'on sache comment on vit et que garage égale départ vers les grands espaces !


20 janvier 2018

Déforestation

 

La journée et la nuit précédentes avaient été rudes avec des pointes de vent à cent kilomètres par heure. Vers vingt-deux heures, il y avait même eu un solide coup de tonnerre accompagné d'une bonne averse de grêle.

Aussi, le matin quand la météo a annoncé que le calme règnerait au moins jusqu'à midi, mon promeneur attitré a transféré les semelles orthopédiques de ses molières dans ses bottines de marche (toujours pas réimperméabilisées). C'est toujours bon signe ce geste : c'est alors que je me mets à courir dans tous les sens et à pousser de petits cris stridents pour marquer mon approbation (comportement qui, je le vois bien, ne soulève pas la sienne, d'approbation).

Bref, nous sommes partis pour notre endroit de promenade favori (inutile de spécifier que durant tout le trajet en voiture j'encourage de la voix les chevaux de l'engin tout en me promenant de long en large sur la banquette arrière, sans oublier de vérifier de temps à autre par les fenêtres la progression du déplacement en me dressant sur mes pattes arrières).

Au domaine des Trois Fontaines, les conséquences de la tempête sont bien visibles : des branchages jonchent partout le sol.

À un moment de la promenade, régulièrement, mon bipède après avoir traversé la grande prairie en pratiquant le jeté de bâton (il est nul comme majorette, faut toujours que je lui ramène l'accessoire qu'il balance n'importe où) traverse le chemin et s'engage sous le couvert sur une pente raide comme celle de son gosier, c'est vous dire si ça grimpe !

Dans la partie à 45 degrés, je peux vous dire qu'il patine grave dans la glaise saturée d'eau. Moi, ça va, j'ai quatre pattes, des griffes, de l'élan et du peps. Du coup une fois sur le faux-plat, je l'attends en contemplant ses efforts d'un œil narquois.

Un peu plus haut dans la pente, un arbre nous barre le passage, abattu par le vent. Personnellement, je m'en fous, je passe facilement en-dessous, mais lui, comment va-t-il s'y prendre ? Le contourner ? À gauche, côté racines soulevées du sol, un buisson de houx rend la chose difficile, à droite, il faudrait se frayer un chemin sur toute la longueur du tronc et le taillis est dense. Il décide donc de passer par-dessus. Il y a bien longtemps qu'il ne peut plus se hisser d'un coup sur un obstacle de plus de soixante centimètres, donc il s'y assied puis fait progressivement un demi-tour sur lui-même en faisant passer, péniblement, ses pieds par-dessus l'obstacle.

Eh ben, je peux vous dire que le steeple-chase, ça n'est plus pour lui (et d'ailleurs, l'a-ce jamais été ?).

Une fois rejoint le sentier du haut, nous nous sommes aperçu que notre obstacle  n'était pas la seule victime de la tempête, à ce rythme-là je me demande  combien de temps il va encore durer, ce petit bois derrière chez moi !


18 janvier 2018

À propos de "maman"

 

Vous avez lu les Livres de la Jungle où un enfant se fait adopter par des loups ?

Moi, c'est pareil : je suis un chien adopté par des hommes. Il est donc normal que m'ayant adopté, ces bipèdes se considèrent comme mes parents et s'intitulent par rapport à moi "papa" et "maman".

Bien sûr, je ne suis pas dupe, je sais que j'ai des parents biologiques, d'ailleurs, je vois mon père chaque semaine le mercredi. Ma mère, je ne la rencontre que beaucoup plus rarement lorsque nous allons au manège voir monter les petites-filles de mes "parents" adoptifs.

Il y a un petit problème dans le parallèle avec les loups du livre : Mowgli s'intègre à la famille des loups et se considère comme l'un des leurs. Mais moi, je ne me considère pas comme un membre de la famille des humains, je vis dans une meute et j'essaie de m'y tailler une place à ma mesure (vous savez certainement que les membres de ma race sont considérés comme de petits chiens qui se prennent pour des grands).

Et c'est pas de la tarte tous les jours : y en a qui font de la résistance !


17 janvier 2018

Ouf, c'est passé !

 

Mauvaise journée hier !

Déjà c'était mardi, donc le matin : calme plat.

Mais malgré le retour de ma maîtresse j'ai continué à faire profil bas : mon bipède favori était d'humeur belliqueuse : non seulement c'était la Saint Marcel ce qui suffit à réveiller son eczéma mais en plus, il a découvert qu'il y a un mois, un quidam a lancé une pétition réclamant l'entrée de Proust au Panthéon ! Depuis, il fulmine grave.

Seul léger motif d'espérer une accalmie : en un mois, le machin n'a récolté que 27 signatures, pourvu que ça dure !

Et si vous-même, honorable lecteur, pouviez éviter de signer, ça m'arrangerait.


8 janvier 2018

J'ai bien cru que c'était râpé

 

J'avais bien vu que le ciel était couvert, qu'il faisait glacial et que le vent n'y allait pas avec le dos de la cuiller lors de ma première sortie de la journée.

Aussi, quand mon bipède s'est installé devant son clavier comme à l'accoutumée, j'ai bien cru que la messe était dite.

C'est lorsqu'il a dit "météo" que j'ai dressé l'oreille...

(Ouais, quand je dis "dressé l'oreille" c'est une image bien sûr, je suis un vrai Jack Russel, oreilles tombantes, caractère de cochon et tout et tout !)

Donc, mon promeneur attitré s'adressait à son binôme bipède pour commenter la météo "Matin : ciel couvert, bruine persistante, température 4°C, ressentie -1, rafales du nord-est, 60 km/h"

C'est là que j'ai trouvé le titre du billet.

Mais c'est alors qu'il a ajouté "Ils disent qu'après-midi ce sera pire : il y aura de la neige en plus ! Bon, on va y aller, on pourra toujours rentrer si ça tourne au vinaigre". Et il s'est levé pour chausser ses godasses de marche.

Reste une question : est-ce qu'il voulait vraiment me faire plaisir ou seulement aider à la digestion de son repas de la veille au soir chez l'Italien ?


9 janvier 2018

Jamais deux sans trois

 

Aujourd'hui, mon bipède s'est muté en tripode !

Il a ressorti sa béquille.

M'semblait bien qu'il se traînait un peu hier...

Faut dire qu'avec l'âge, son entrain ne va pas croissant (rien à voir avec la viennoiserie, sauf qu'à mon avis il doit commencer à s'emmêler un peu les pinceaux lors des valses viennoises).

Enfin, vous inquiétez pas, ça s'est déjà produit et j'ai de l'entrain pour deux  :-)


25 février 2018

Des hauts et des bas

 

Bon, nous y sommes !

La fin de semaine a été agitée. Vous vous rappelez que jeudi, avec l'aide de ma maîtresse, j'avais pu aller me promener.

Le vendredi, elle ne m'a pas vraiment aidé : elle avait pris rendez-vous chez le médecin (qui est une médecine, mon bipède adore les médecines). Ils y sont allés tous les deux, puis, dans la foulée ils sont repassés par la pharmacie (mon bipède adore les pharmaciennes, surtout Marlies), du coup la promenade m'est passée sous le nez.

Compatissante, ma maîtresse a décidé qu'elle n'avait pas besoin de mon promeneur le samedi matin (contrairement à la soirée où il devait la conduire au théâtre avec Emilie voir un truc avec un certain Berléand que je ne connais ni des lèvres ni des dents, comme dirait cette Folle dont ils parlent parfois) et il a bien été obligé de me sortir.

Aujourd'hui, ils m'ont trompée outrageusement : vers huit heures trente, ils m'ont embarquée dans la voiture et vers onze heures après que j'aie poussé bien des lamentations, ils m'ont débarquée à Wissant, par un froid de canard et un vent d'enfer (ce dont je me fous pas mal soit dit entre nous), un patelin du Pas-de-Calais ou la plage est interdite aux chiens, même tenus en laisse. Si, si, c'est écrit en toutes lettres en français, anglais et allemand.

Le petit séjour commence bien ! Je hais les vacances ! (mon bipède promeneur aussi, je dois le reconnaître).


11 juillet 2021

Bon voyage !

 
Hier soir, ma bipède préférée a débarqué avec toute sa famille : mère, père, sœur et même mon papa qui fait rien qu'à m'embêter en volant mon chiffon et en voulant que mon bipède personnel lui file à lui aussi des bouts de saucisson pendant l'apéro !

Ils sont tous venus souper (ouais, les Français disent dîner, mais je m'en fous, je vis en Belgique) avant leur départ en vacances en Bretagne.

À l'heure qu'il est, ils devraient déjà être du côté du pont de Normandie...

Ce qui est embêtant, c'est que s'ils ont emmené papa, ils ont par contre laissé ces maudits chats à la maison (leur maison, hein, pas ici, manquerait plus que ça, qu'on soit envahis par ces foutues bestioles !). Et que donc, c'est mon promeneur personnel qui doit aller ouvrir et fermer les volets, nourrir les chats, arroser les plantes intérieures et extérieures, si bien que pour mes excursions matinales au domaine des Trois Fontaines, c'est foutu pour au moins trois semaines !

J'ai horreur des vacances, surtout de celles des autres !


1 décembre 2020

Mi-figue, mi-raisin

 
Comme la nuit dernière il a bien plu (Je le sais parce que les plaques de plastique brun transparent qui bordent les terrasses étaient encore couvertes de gouttes, j'ai pu le constater car toutes les pièces qui donnent vers l'extérieur, sauf la chambre d'amis où je ne vais jamais en dehors du jeudi quand Maria, notre femme d'ouvrage portugaise, repasse, sont munies de portes-fenêtres ce qui me permet de voir dehors jusqu'au niveau du sol), j'ai craint que ce matin, mon bipède en profite pour échapper à ses devoirs, surtout que le vent était assez présent.

Mais malgré ça, il a quand même chaussé ses bottines et m'a passé mon harnais de sport (j'ai deux harnais, enfin il m'en reste deux, j'en ai eu d'autres, un réglable d'un seul mouvement mais qui, lorsqu'on le détache de la laisse présente une boucle de lanière flottante qui risque de s'accrocher un peu partout et celui que je mentionnais, qui enserre au plus près mon corps athlétique) c'était bon signe !

Nous sommes donc partis en voiture pour le domaine des Trois Fontaines.

Comme aujourd'hui, ma maîtresse ne nous avait pas accompagnés, au lieu d'aller nous garer derrière l'orangerie pour faire le tour de la cerisaie, nous nous sommes arrêtés près de la grande prairie où j'ai pu courir derrière ma balle.

Habituellement, lorsque nous faisons comme cela, au bout d'un temps, nous déposons la balle dans la bagnole et nous partons faire un petit tour à pattes dans le domaine, question par exemple de constater les dégâts causés par le vent.

Mais aujourd'hui, quand mon promeneur a eu déposé la balle, il m'a fait réintégrer notre véhicule et nous sommes rentrés à la maison : demi satisfaction !

Faut dire pour la défense de mon esclave qu'il y avait quand même un petit crachin résiduaire, un brin de vent et qu'il boitait un peu de la jambe droite. Dans sa région d'origine on aurait dit "qu'î xhalait" et dans ma région qu'il avait "une manke puut".

Voilà, comme ça, vous bénéficiez à la fois d'une petite leçon de langues moribondes et d'un style ampoulé à la Marcel (un copain cher à mon bipède).


8 novembre 2020

Du neuf !

 
Lors de notre dernier passage par le magasin de fournitures pour animaux, mon bipède m'a acheté une nouvelle baballe ! (faut dire que j'avais déchiqueté la moitié de la précédente).

À cause de l'emballage, il n'avait pas bien estimé le diamètre du trou traversant la chose aussi n'a-t-il pas pu insérer la cordelette et la bloquer par un nœud terminal (il aurait dû exécuter un nœud cul de porc mais il n'a plus d'épissoire et de toute manière, ce nœud n'aurait pas été suffisamment volumineux pour bloquer la corde au cul de la balle).

Il a donc fallu réaliser une sorte d'étrier passant à travers la balle.

Celle-ci est noire, l'autre était blanche (initialement, parce qu'à force d'usage...) mais les deux avaient la même taille : juste trop grande pour entrer dans ma gueule, si bien que je dois saisir la chose par sa cordelette. Ce qui permettra à mon lanceur de se plaindre que je détruis cette dernière.

Changera jamais le mec : il croit que tout le monde peut s'exclamer comme lui : "Moi et ma grande gueule !


27 mars 2020

Exercice


La nuit dernière a été un brin agitée !

Comme chaque soir, mon bipède m'a sortie pour ma petite promenade hygiénique, puis nous nous sommes couchés selon le schéma classique : je me roule en boule sur son oreiller pendant qu'il prépare le grog de ma maîtresse, se change, passe par la salle de bain. Quand il s'approche du lit, je grogne un peu pour la forme mais je lui cède la place. Il entre dans le lit, s'allonge, replace l'édredon sur lui et je peux alors aller me coller contre lui au creux de sa position en chien de fusil.

Quand ma maîtresse vient elle aussi se coucher, une ou deux heures plus tard, j'en conclus que mon fauteuil est enfin libéré et je vais m'y blottir.

Mais voilà-t-y pas qu'au même moment, la lumière s'éteint ! Panne de courant ! Remue-ménage : ma maîtresse va chercher les lampes LED de secours et mon promeneur attitré râle (what else ?) parce qu'il va encore devoir rerégler le réveille-matin.

C'est revenu quelques minutes plus tard, juste avant que je doive me réfugier en dessous du lit à cause de l'avion : il faisait un tel boucan que j'ai bien cru qu'il allait s'écraser sur l'immeuble !

Après, ça s'est calmé, juste un grommellement étonné de mon bipède "Tiens, le machin s'est remis à l'heure tout seul !".

Par contre, l'ascenseur, lui, n'a pas résisté : il est en panne depuis lors.

Donc : supplément d'exercice !

Je ne suis pas certain que mon bipède est aussi heureux que moi : il me semble qu'il joue un peu les morses en grimpant les escaliers.

Quelle petite nature !


6 janvier 2020

C'est le printemps !


Toute cette semaine, ma copine Louise loge chez mes bipèdes : elle doit commencer son travail plus tôt que d'ordinaire.

Aujourd'hui, il fallait la déposer pour neuf heures à la ferme Nos Pilifs.

Mon promeneur a décidé de faire d'une pierre deux coups : comme cet établissement est sur le chemin du domaine, il m'a embarquée en même temps que sa petite-fille et après le débarquement d'icelle, il a continué en direction de la grande prairie.

Que vient faire le printemps là-dedans me direz-vous...

Oh, ce n'est pas à cause des pâquerettes, ces machins robustes on en voit toute l'année dans la prairie (sauf quand elles sont cachées par la neige) !

Non, c'est que sur le chemin du retour, en descendant l'avenue de Versailles, dressée sur mes pattes arrières pour regarder par la fenêtre, je me suis aperçue que dans la pelouse séparant les deux voies de circulation, les jonquilles étaient déjà sorties de terre d'une bonne dizaine de centimètres !

Je dois bien pour une fois partager l'avis de tous les vieux schnocks que je côtoie :

"Y a pus d'saisons, ma bonne dame !"


4 janvier 2020

Complément d'enquête


Ce matin, nous sommes retournés sur les lieux de l'enlèvement de Big Belly.

Après avoir bien galopé derrière ma balle, accompagné mon porteur de sacacaca jusque la poubelle (que des ouvriers communaux sont immédiatement venus vider avec leur petit camion jaune, j'ignorais que mon caca déplaçait les foules), nous sommes retournés à la voiture où mon bipède a déposé ma balle et ma laisse.

C'est là que j'ai fait le grand jeu : ignorer ses appels à remonter dans le véhicule, m'en écarter l'air de rien et finalement, incliner la tête sur le côté en faisant (quelle honte !) des yeux de cocker.

Pour une fois, ça a fonctionné : il a réempoché ma laisse (que nous n'utilisons qu'en cas d'urgence comme le surgissement d'un molosse ou d'un flic) et nous sommes partis en direction du pont menant à l'allée des hêtres pourpres (quand ils ont leurs feuilles). Nous avons franchi le pont, avons descendu l'allée, avons contourné les écuries, traversé le chemin pavé et sommes arrivés devant la ferme en face de laquelle se trouve le terrain de jeu.

Là, mon bipède s'est penché sur la dalle de béton d'où avait également disparu la seconde Big Belly. Il a constaté qu'on n'y voyait aucun point d'arrimage et que la poubelle connectée n'avait donc pu qu'y être déposée et non fixée.

Moi qui pensais naïvement qu'il s'était décidé à bouger pour me faire plaisir !

Non, il poursuivait son enquête, justement aujourd'hui !

Je me demande s'il ne lit pas mon blog en douce...


24 janvier 2018

Mercredi

 

Je vous ai raconté mes mardis, c'était bien ?

L'ennui, c'est qu'après le mardi, c'est le mercredi !

Ce jour-là, généralement, mes humains disparaissent aussi. C'est le jour de kiné de ma maîtresse.

Au bout d'environ deux heures d'absence, ils reviennent, mais lui repart presqu'immédiatement. Il rentrera à nouveau un peu plus tard en compagnie de Louise, ce qui n'est pas trop grave, elle a juste un peu tendance à m'étouffer en me serrant contre elle.

Le pire, c'est que mon père biologique l'accompagne et ça, c'est plus dur : dès qu'il entre, malgré que je me rue sur lui pour l'accueillir, lui se rue sur ma gamelle pour bouffer tout ce qu'elle contient. C'est un goinfre papa !

En plus, il choppe toujours mon chiffon et le mâchouille énergiquement, c'est d'un dégueulasse ! On est obligé de le mettre à la lessive après son départ quand ce n'est pas à la poubelle !

Et c'est pas tout ! Après le déjeuner, il s'entête à sauter sur les genoux de mon esclave personnel, on n'est vraiment plus chez soi !

Bon, ça finit par passer, un peu avant cinq heures, ils débarrassent le plancher : mon patron conduit sa petite-fille suivie par son chien au manège et la paix revient jusqu'à la semaine suivante. Sauf imprévu, et l'imprévu, c'est pas ça qui manque!


19 mars 2021

Sale temps pour les lombrics !

 
Aujourd'hui, nous sommes retournés au domaine, il faisait froid mais c'était plein soleil.

Il était temps ! Ça faisait plus d'une semaine qu'en plus des kinés et autres funérailles, nous ne sortions plus qu'autour de l'immeuble tellement il faisait pourri. Il a plu comme vache qui pisse et il a fait un vent à décorner les bœufs (la preuve, la déco de Noël disposée dans les arbres par mon promeneur a été arrachée).

Quand il pleut comme ça, les lombrics ont tendance à sortir de leurs galeries et à partir en exploration. L'ennui, c'est qu'ils s'égarent sur le macadam et qu'ils finissent par se noyer dans l'eau qui y stagne : sont pas foutus de retrouver leurs pénates tous seuls. Ceux qui se tortillent encore, mon bipède les ramasse et les rejette sur la pelouse. Mais comme nous ne sortons que quatre fois par jour, nous en trouvons plus de morts que de vivants.

Aux lointains temps bénis où on pouvait encore la recevoir, j'avais eu l'occasion de remarquer que ma copine Adrienne faisait tout pareil !

Et vous, vous faites aussi partie de l'association des sauveurs de lombrics ?


 

22 février 2021

Prairie ou pelouse ?

 
Comme Madame Chapeau m'a interpelée sur le tussilage, j'ai encore bien regardé partout et...

J'en ai pas trouvé !

D'après mon bipède, ce n'est ni une plante de sous-bois comme mon gouet pied de veau dont j'arrose consciencieusement les plants quand nous passons par le chemin du bas, ni une plante de prairie comme les pâquerettes, les boutons d'or ou les pissebloemen.

Paraît que dans sa jeunesse passée dans la cour d'une centrale électrique, il en voyait régulièrement dans les terres de remblai autour des tours de réfrigération.

Non, il n'en a pas fumé !

Tant qu'on est à parler de prairie, je me demande si quand je dis ce mot, le terme est bien approprié. En effet, ces deux grands espaces herbeux (ou herbus c'est comme vous voulez) sont tondus régulièrement, il faudrait peut-être parler alors de pelouse plutôt que de prairie.

Bon, d'un autre côté, vu leur état, appeler ces espaces pelouses, y aurait de quoi faire s'étouffer de rire le premier Anglais venu !

Maudit gazon !


 

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