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Tu parles d'une vie de chien !
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14 février 2021

Malhabile

 
Pas moi (comment pouvez-vous seulement le penser), lui !

Imaginez la grande prairie avec ses deux rangées de hêtres pourpres (jeunes et en souffrance car le climat leur est de moins en moins favorable).

L'intervalle entre les rangées est de quarante mètres, celui entre les arbres de douze.

Prenez un mec standard muni d'une balle attachée à une cordelette d'environ quatre-vingts centimètres. Combien de chances y a-t-il pour qu'en imprimant un mouvement circulaire à cet accouplement et en le lâchant en visant une direction dégagée de tout obstacle le mobile atterrisse néanmoins dans un des arbres et y reste suspendu ?

Ben oui, je vous le demande...

Eh bien, mon bipède réussit ce coup très régulièrement*. D'ailleurs, c'est encore arrivé ce matin.

La fois d'avant, c'était le long de la cerisaie : le projectile était resté pendu dans un sapin et mon promeneur n'a pu le récupérer qu'en balançant dans l'arbre une (très) grosse branche morte.

Mais ce matin, il n'y avait pas de (très) grosse branche morte en vue (d'où viendrait-elle au milieu d'une grande prairie plantée seulement d'arbres malingres ?).

Il a quand même réussi à faire retomber ma balle et sa queue en jetant dans l'arbre une grosse boule de neige agglomérée et (sur)gelée.

Comme quoi s'il est vachement malhabile dans ses visées, il lui reste un fifrelin d'imagination pour se sortir des embrouilles où il s'est lui même plongé, je suis bien obligée de le reconnaître.

*On se demande à quoi ça peut bien lui servir d'avoir été artilleur, de pouvoir vous expliquer le vol (pseudo)parabolique des projectiles et la différence entre le tir tendu d'un canon et le tir en altitude d'un obusier. Bon, lui il était au bureau de tir, pas sur les pièces d'artillerie, ceci explique sans doute cela : la théorie, ça va, mais la pratique...


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7 février 2021

Vexation universelle (loi de la)

 
Toute la semaine, il a fait doux... et pluvieux !

Aujourd'hui, il gèle et il neige, c'est con, hier les jonquilles fleurissaient dans le terre-plein de l'avenue de Versailles.

Le seul jour ensoleillé que nous ayons eu récemment, c'était jeudi et devinez quoi ? C'est celui où nous ne sommes pas allés au domaine : Madame avait kiné !

La veille bien sûr, malgré qu'il plût à verse, nous y étions allés ! Mon bipède m'avait entraîné pour une promenade autour de la cerisaie (c'est son côté Tchekhov, vous savez qu'il a eu un oncle russe ?). Par bonheur, il ne m'avait pas attaché ma laisse, si bien qu'au bout de deux cents mètres, j'ai décidé de faire demi-tour et de rentrer à la voiture.

L'ennui, c'est que j'ai dû attendre sous la drache qu'il daigne revenir de son pas de sénateur. Il devrait me filer une clé de la voiture, je change bien de chaîne à la télé en marchant sur la zappette ! (Bon, je ne sais de toute façon pas ouvrir la portière, mais c'est manière de dire quelque chose en attendant qu'il se radine).

Tout est contre moi !

Tiens, pour me venger, ce matin quand il a voulu me voler ma baballe, je lui ai mordu le pouce au travers de sa moufle (est-ce que je mets des moufles ?)

Bon, je vais quand même pas trop insister sur ses moufles, s·a·on parka (soyons inclusif et incisif, mouarf!) et ses bottines, tu vois qu'il se souvienne de mon manteau ou de ma chaussette rouge tou·te·s deux ridicules ?


18 juin 2020

Gadoue et limaces


C'est meilleur comme titre ?

En tout cas, c'est parfaitement de circonstance.

Bon, je rigole mais un peu jaune. Je ne la ferai pas longue aujourd'hui : je suis vexée !

Tantôt, le long du Craetbos, là où le maïs ne réussit pas très bien à pousser, sans doute à cause de l'ombre, je me suis lancée à l'assaut d'une bande de ces volatiles noirs dont je ne sais trop ce qu'ils sont : corneilles, freux, choucas ? Je vais demander à mon bipède de se renseigner.

Je le lui demanderai quand je recommencerai à lui parler parce que pour l'instant, je lui bats froid !

Pourquoi ?!?

Parce que lorsque je suis revenue vers lui à la fin de ma poursuite, vous savez ce qu'il m'a dit ?

"Tout bien réfléchi, t'es peut-être bien de la famille des limaces, toi aussi tu cours ventre à terre !"

Attention, le premier qui esquisse l'ombre d'un sourire, je le mords !


17 mai 2020

Avant l'heure etc...


Aujourd'hui, nous avons démarré notre périple un rien après neuf heures. Conclusion : nous avons juste croisé un vieux schnock avec sac à dos qui se hâtait vers la rue de la Tour Japonaise.

Il y a deux jours, nous étions partis encore un rien plus tôt et là, nous n'avons rencontré absolument personne.

Par contre hier, nous avions pris une demi-heure de retard (ma maîtresse avait dû se laver les cheveux pour la venue de sa coiffeuse à domicile) et rien que pour parvenir au même coin de rue qu'aujourd'hui, nous avions déjà croisé quatre couples bipède/chien, après quoi j'ai arrêté de compter.

Ces bipèdes n'ont aucun respect pour les horaires ! Je comprends pourquoi le mien a renoncé à faire moine !

J'ai découvert un instrument de mesure du degré hygrométrique de l'air : la trace qui longe le champ qui sépare la ferme urbaine du chemin vers le château d'eau. Il me reste à trouver l'équation qui transformerait en pourcentage d'humidité relative mon unité à moi : le nombre de limaces au mètre courant de promenade entre ces deux points précis.

Aujourd'hui il faisait particulièrement sec : j'en ai même pas vu une !


28 avril 2020

Zut !


Pour une fois, la météo avait raison !

Quand nous sommes arrivés à proximité de la ferme de NOH, les premières gouttes de la pluie annoncée se sont mises à tomber.

C'est toujours pareil, ça commence quand tu te trouves au point le plus éloigné de ta promenade ! Bah, ça a au moins un avantage : pas la peine de te demander si ce serait mieux de faire demi-tour, les deux options seront tout aussi humidifiantes.

Nous avons juste évité le crochet par la prairie ex-chevaline et nous sommes rentrés par l'itinéraire habituel.

Et j'ai eu beau courir pour essayer de rentrer plus vite, bernique, il a même pas allongé le pas. Il aurait du faire sénateur... (après tout, peut-être qu'il l'a été, je ne sais pas grand chose du passé de cet individu)

C'est vrai que lui, il s'en fout : il a une veste et une casquette, tandis que moi...

C'est à ce moment-là que j'ai réalisé pourquoi nous avions croisé Max, Bandung et leurs bipèdes qui terminaient leur promenade quand nous débutions la nôtre : ces braves dames avaient lu la météo heure par heure, elles ! Tandis que mon promeneur...

Encore une preuve irréfutable de la supériorité des femelles, même chez les zumains !


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11 avril 2020

J'en ai vu un !


Et même deux !

Y en avait un sur un tracteur qui tractait (what else ?) une énorme benne métallique équipée d'une déchiqueteuse /  projeteuse qui dispersait du fumier sur un champ (celui derrière le tas de marne) et un autre sur une pelleteuse destinée à remplir la benne et qui pour tuer le temps en attendant le retour de son comparse remuait mélancoliquement le tas de fumier, question de rendre à la campagne environnante sa bonne odeur de terre enrichie.

C'est pas chié, ça ?

Donc, pour notre 24ème jour de confinement, j'ai enfin pu voir un agriculteur à l'œuvre !

Je commençais à croire que ces gens faisaient partie de l'armée des ombres, qui agit en catimini comme un vulgaire coronavirus !


29 novembre 2019

Un endroit couru


Aujourd'hui, après une interruption, nous sommes retournés au domaine. Y avait pas un chat (bon d'accord, y en a quasiment jamais) mais y avait pas un chien non plus (enfin, j'en ai aperçu deux de loin).

Pourtant, y a des jours où c'est très fréquenté : le weeek-end dernier, il y avait un embouteillage monstre de voitures à l'entrée du ring extérieur, la semaine d'avant, on a failli ne pas pouvoir se garer et la rue était encombrée de mecs en kimono (une compétition de judo ou de karaté ?), la semaine encore avant, c'étaient des troupeaux de vététistes qui ont défilé durant tout ma séance de "cours après la balle".

Je me demande bien ce que ce sera demain (pour peu qu'on y aille, y a la météo qui annonce qu'il va geler et j'ai pas encore réussi à trouver le bidule qui éteint la télé).


6 juillet 2019

Voyage, voyage !


Aujourd'hui, j'ai encore eu droit à ma galopade, mais mon promeneur attitré l'a un peu écourtée : comme ça lui arrive régulièrement il clopinait, rapport à son genou et sa hanche.

De quel côté ? Droit, selon lui, pour peu qu'il s'y retrouve dans sa collection d'excuses !

Le lion jaune avait disparu. D'après mon bipède il serait parti faire un tour de France...

Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à partir faire du tourisme ?

Émilie, ma bipède préférée, elle aussi est partie.

Juste avant ma promenade hygiénique de l'après-midi, je l'ai vue sur WhatsApp : elle appelait ma maîtresse depuis Tokyo. Elle était ravie ! Comment peut-elle être ravie en m'ayant abandonnée ici ? C'est dingue ça !

J'ai essayé de lui faire une léchouille sur l'écran mais sa grand-mère m'en a empêchée, ce monde est sans pitié pour les pauvres chiennes !

Et elle n'est pas près de rentrer apparemment puisqu'elle a dit que demain elle comptait aller à Kyoto.

C'est quoi ce pays où tous les noms de patelin s'écrivent avec les cinq mêmes lettres ?


29 mai 2019

Le retour !


Ouf, les vacances, c'est fini !

Plutôt que passer les midis sous des tables de restaurant, je peux au moins m'installer dans mon fauteuil.

Le soir je le prête à mes bipèdes : d'abord à lui et puis à elle. Je suis trop bonne, ils vont finir par croire qu'il est à eux, mon fauteuil !

Evidemment, il a fallu un temps d'adaptation après le retour : visite aux ou des enfants (et petits-enfants), lessives et rangement des bagages, courses pour remplir le frigo (je dois pas trop la ramener sur ce sujet, parce que ma bouffe en fait partie).

Aujourd'hui, nous avons repris le cours normal des choses (hier c'eût été délicat : il a plu comme vache qui pisse, on a même eu de la grêle et des éclairs) et ce matin nous sommes enfin retournés au domaine : il y a quand même plus d'espace que dans les fossés de Kientzheim.

Evidemment, je n'ai pas pu échapper à la petite visite aux pins japonais : ils n'ont presque plus de touffes brunies. Du coup, comme mon promeneur ne peut croire que tout est OK, il leur a trouvé un petit air penché.

Qu'est-ce qu'y faut pas entendre...


17 février 2019

En voiture Simone !

 

Hier, contrairement à aujourd'hui, nous ne sommes pas allés courir dans les prairies du domaine des trois fontaines.

Nous sommes partis en voiture.

La voiture, sur les autoroutes, ça va : je m'allonge sur la banquette et bercée par le ronronnement régulier du moteur, je m'assoupis. Pareil pour ma maîtresse.

Là où c'est moins drôle, c'est quand mon chauffeur (et j'ai l'impression qu'il s'ingénie à en trouver) emprunte des petites routes sinueuses ou traverse des patelins remplis de ronds-points en changeant régulièrement de régime moteur : je suis ballottée d'un côté à l'autre et ça m'énerve, alors je rouspète, je grogne et là, c'est eux qui n'aiment pas ça.

Hier, ils sont allés à Chimay manger le menu Saint-Valentin de la Ferme des 4 Saisons (pendant ce temp-là, ils m'abandonnent dans la voiture où je dors dans mon panier sur le siège arrière).

Je me demande bien pourquoi ils se sont crus obligés de faire ça, vu que le jour même de cette fête stupide, ils avaient déjà englouti des noix de Saint-Jacques en carpaccio, du foie gras mi-cuit et du homard, le tout arrosé de Champagne rosé (et après, mon bipède dit qu'il dort mal, soi-disant parce que je me collerais contre son estomac dans le lit).

Ce bipède, il parle en conduisant. Je me demande bien à qui il s'adresse vu que son binôme s'endort dès que la voiture démarre. C'est comme ça qu'en arrivant à Chimay il a déclaré "Tiens, Chimay est jumelé avec Conflans-Sainte-Honorine !" et après un instant (est-ce que par hasard il aurait réfléchi ?) "C'est vrai que ces patelins sont chacun à un bout de l'Oise".

J'ai pas répondu, qu'est-ce qu'il veut bien que ça me fasse ! Moi ce qui m'intéresse, c'est quand on va bien pouvoir aller se promener dans la forêt de Chimay, parce que ça commence à bien faire ce trajet en bagnole !


8 février 2019

Je suis sur les dents

 

Hier, dans ma course à travers la prairie à la recherche d'un bâton pour mon accompagnateur-majorette, je suis tombé sur un truc bizarre.

À un bout, ça avait l'air d'un bâton classique, mais à l'autre, il y avait un enchevêtrement de tiges.

Ce sont des racines ! m'a soufflé mon bipède.

Donc, ce truc ressemblait à une massue avec un bout plus lourd et plus volumineux.

Mon promeneur semblait pouvoir le balancer plus loin que les bâtons habituels, il n'a pourtant pas la stature d'un champion olympique du lancer de marteau ! Mais bon, ça me faisait courir un peu plus que d'ordinaire (faut bien que j'élimine tout ce que je leur extorque comme bonbons).

En plus, celui-ci avait encore son écorce, j'adore en arracher une partie à belles dents chaque fois que je ramasse le bout de bois.

Mais à la fin de la promenade, il y avait un truc qui me gênait dans la bouche et j'ai eu beau secouer la tête, gratter entre les dents avec mes griffes, rien n'y faisait.

En rentrant à la maison, mon bipède à dit à sa comparse "Je crois que le chien (c'est dingue cette manie qu'il a de nier ma féminité) a un truc de coincé dans sa gueule..."

Ma maîtresse m'a emmenée dans la salle de bain (de toute façon, j'y vais après chaque grande sortie pour me rincer les pattes), elle m'a ouvert la bouche et en a retiré un lambeau d'écorce qui y était resté coincé en travers. Et pour la première fois de ma vie, j'ai eu droit à un brossage de dents !

C'est marrant, ça gratouille !

Faudra que je pense à remettre ça...


3 février 2019

Winterreise

 

Comme vous l'avez sans doute remarqué, c'est l'hiver !

Et l'hiver, c'est la saison où je peux le mieux constater que mon promeneur attitré se prend pour un (ex) scientifique !

Bon, s'il se contentait d'étudier les déjections cuniculaires, ce ne serait qu'un demi-mal, mais où ça devient énervant c'est que quand je ne pense qu'à courir dans la neige (j'adore courir dans la neige et quand j'étais plus jeune, je la mangeais même), lui, il pense différence de température, déperdition calorifique, échanges thermiques et toutes ces sortes de choses qui lui font invariablement conclure qu'il faut diminuer mon temps de sortie pour éviter que je me gèle les pattes !

Tout ça relève du coup monté et de l'excuse à la mords-moi le nœud : tout le monde (et même lui) sait très bien que nous, les chiens, avons des coussinets chauffants sous nos pattes et qu'il faut qu'il caille plus fort encore qu'en Iowa la semaine dernière pour nous geler les petons !

Escroc !


6 décembre 2018

Complot !

 

Parfaitement , je suis victime d'un vrai complot : le monde entier s'en prend à ma promenade favorite !

Les premiers jours, c'était la météo : faisait "pisseux". Ensuite c'étaient les tenants du principe de précaution : ils ont fermé le domaine pour risque de chute de branches parce qu'on prévoyait des rafales de vent. Maintenant que le vent est tombé en vertu du dicton "petite pluie abat grand vent", ils ont barré la route pour trois jours pour travaux de réfection.

Et à partir de demain, c'est marché de Noël au centre culturel où ma maîtresse tient son atelier soie.

Un complot je vous dis !

Bon, pour être honnête, ce matin j'ai quand même eu droit à un heure de promenade : mes bipèdes m'avaient emmenée avec eux sous prétexte que si je restais avec la gentille petite Portugaise qui nettoie l'appartement, j'allais tellement aboyer quand  le facteur viendrait déposer un colis que la pauvre Maria ne comprendrait rien dans le parlophone.

Bref, après avoir déposé sa moitié chez le kiné et avoir fait un détour par la pharmacie, mon promeneur a garé la voiture et m'a emmenée faire un tour dans le quartier où il avait habité pendant quarante ans. Une sorte de pélerinage j'imagine. L'ennui c'est que là, pas question d'enlever ma laisse.

On est d'abord passés voir son ancien domicile, puis allés vérifier qu'une boîte aux lettres du clos Tonnet mentionnait toujours le nom "Dabrowski", ensuite il est allé perdre son temps à lire les pancartes pédagogiques du talus du Heymbosch. En sortant de là, nous sommes entrés dans le bois de Dieleghem où il faisait assez boueux et où j'ai rarement rencontré autant d'autres chiens en balade, puis on est revenus à la voiture juste à temps pour recevoir l'ordre de départ de Madame à son chauffeur.

Finalement, il a bien fait de m'emmener, c'est meilleur pour sa santé que d'attendre ma maîtresse en faisant des mots croisés dans la bagnole.


18 septembre 2018

Quoi de neuf docteur ?

 

Mardi matin, c'est atelier soie, donc promenade : niets van !

Mais bien sûr j'ai droit aux sorties hygiéniques (manquerait plus que ça !).

Lors de la plus récente, comme le vent est bien présent, le sol était parsemé de baies rouges. J'en ai mangé une vite fait avant de me faire rappeler à l'ordre. Vous connaissez mon bipède : "On ne mange pas les trucs qui traînent par terre, sale bête ! Un jour tu te feras empoisonner !"

Empoisonner par des baies d'aubépine, je vous demande un peu... ils sont cons parfois ces bipèdes !

Bon j'ai pas trop insisté pour continuer ma prise de tonicardiaque, ça n'a finalement pas vraiment de goût ces machins. Alors, on ne va pas se fâcher pour si peu, surtout que quand je l'ai bien énervé il parle de remplacer la laisse de cinq mètres par celle de 80 cm. Il ne va pas jusqu'à me menacer d'employer la chaîne de Zelga qui n'en fait que 20, avec celle-là, il devrait marcher en canard, je voudrais bien voir ça, surtout avec son arthrose, mouarf !


17 septembre 2018

En voiture Simone !

 

Comme vous le savez sans doute, mon promeneur attitré a essayé de me classer dans la famille des chiens de prairie. C'est facile de faire de l'humour aux dépens d'un pauvre animal sans défense. Mais j'en ai autant à son service, jugez pluitôt...

Hier, dans notre bonne ville, c'était journée sans voitures. Ils sont fous ces Brusseleirs ! Et comment mon chauffeur/promeneur allait-il m'emmener,  hein ?

Alors, comme chaque année en pareil cas ils ont décidé de quitter cette ville de dingues et comme (presque) à chaque fois, nous avons parcouru deux cents kilomètres en voiture pour débarquer à Wiesembach et nous promener dans les bois en attendant le repas de midi.

Parce que si je suis un chien de prairie, lui, ben c'est un homme des bois !

Comme la majorité des couples nous avons des caractères opposés : à moi les espaces ouverts, l'ivresse des étendues libres, la liberté, la lumière; à lui les lieux sombres, les voies tracées, les espaces structurés, la petite vie bien cadrée.

Avant de se moquer de moi, il ferait mieux de se regarder, petit-bourgeois va !


20 mars 2018

J'aime pas trop les sacs (de voyage)

 

Hier, j'ai encore réussi à me montrer persuasive (il dit "Chiante", mais ce doit être un synonyme, il est parfois pédant), il m'a emmenée au domaine. Vous auriez dû le voir quand nous sommes descendus de voiture : gants de soie dans ses mitaines/moufles de chasse en polaire, col de son pull Superdry relevé sur la nuque, capuchon de s.a.on parka par dessus sa casquette... l'avait l'air malin ! Surtout à côté de moi qui ne portais que mon harnais de sport.

Oui, j'ai deux harnais : un noir souple s'adaptant en le resserrant au moyen d'un petit clip à ressort et un autre beaucoup plus ajusté et qui supporte la douche quand je rentre trop crottée de notre promenade.

Donc, hier, j'ai réussi à le convaincre d'y aller, mais aujourd'hui, j'ai tout de suite compris que ce serait un jour "sans". D'abord, c'est mardi, jour de l'atelier de Madame, ensuite, il doit aller récupérer Louise à son stage chez les Pilifs, passer embarquer ma maîtresse à la fin de l'atelier et déposer les deux en ville (elles vont à la Monnaie/de Munt voir Cavalleria Rusticana et Pagliacci) où il devra les récupérer quatre heures plus tard, c'est râpé !

Et pour demain, je suis inquiète, ils préparent les sacs de voyage (c'est le mien le plus gros), ils parlent de Thiérache. Encore l'influence néfaste de son neveu, l'obsédé de Charleville. Pourvu qu'il n'y ait pas de nouveau ces maudites marionnettes de la dernière fois!


27 janvier 2018

La semaine infernale

 

Lundi, ils m'ont abandonné pour faire des courses
Mardi pour l'atelier soie
Mercredi c'était visite de mon père
Jeudi réabandonné pour cause de kiné
Vendredi pour l'ophtalmo le matin et le théâtre le soir
Aujourd'hui, ils n'auront pas une minute à perdre : faut préparer le souper annuel de l'atelier soie

Bien sûr, demain est un autre jour, comme ils disent, mais j'ai comme un doute et, de toute manière, pour lundi ils m'ont déjà averti que la météo sera pourrie !

Allez, bonne semaine à tous !


25 janvier 2018

Patience et longueurs de mots

 

Vous vous rappelez ma méthode de stretching ?

Comme je sors cinq fois par jour, il y a des moments où c'est un peu gros d'évoquer le manque d'assouplissement, alors, j'ai un autre truc :

Au moment où mon promeneur s'empare de mon harnachement pour me le passer, moi je m'empare de mon chiffon et je viens le lui secouer sous le nez. Il essaie de le bloquer avec son pied, mais moi, je détale. Suivant son humeur, il peut me repousser du pied en provoquant mes grognements ou même me poursuivre autour de la table. Parallèlement à ces actions, il émet des considérations sur le propriétaire du chiffon, genre "Non, pas au chien, à papa". Là, c'est bon signe : il accepte de jouer un peu.

Bien sûr, au bout d'un temps, il se rappelle qu'il s'est levé parce que je lui ai signalé qu'il était l'heure de ma sortie et son discours commence à changer genre "Bon, on y va !" et/ou "Allez, viens ici !", les phrases se raccourcissent et le ton se durcit, ça veut dire que la fin du jeu approche.

Quand enfin la phrase se réduit à un mot sec "Ici !" je sais que ce n'est plus le moment de faire l'andouille, sa patience est arrivée à son terme et je m'arrête à ses pieds pour qu'il me passe le harnais.

Juste pour le fun, je plonge encore une fois ou deux mon museau à côté du collier, mais je le surveille du coin de l'œil et si ses mâchoires se crispent, comme par miracle ma tête entre pile dans la boucle. On peut rire, mais il y a des limites, il n'en a pas l'air ainsi, mais il est capable de tout !


9 février 2018

Découverte

 

Faut tout apprendre dans la vie...

Quand j'étais toute jeune j'ai eu vite compris que dès que je me précipitais vers eux, les oiseaux, quelle que soit leur espèce, avaient la faculté de s'élever dans les airs (mon boss prétend qu'il y en a quelques rares qui ont perdu cette possibilité mais me déconseille de m'attaquer à eux en raison de la différence de taille, me prendrait-il pour une naine ?).

Cela ne m'empêche pas de continuer à me jeter sur eux dès que j'en trouve à portée de course. Ainsi, de grand matin, sur le chemin pavé devant la ferme du domaine des trois fontaines, il y a toujours tout un paquet de pigeons en train de picorer des graines qu'apparemment on répand sur le sol à leur intention. Ça fait un très joli spectacle (et un de ces raffuts) quand ils s'envolent tous ensemble !

Les autres bestioles que je course, elles, ont un comportement plus honnête : elles courent, comme moi, ce qui me laisserait une chance de les attraper si elle n'avaient pas le défaut au bout de leur course de se réfugier sous terre, mais c'est de bonne guerre : je suis un terrier, elles croient donc que je dois pouvoir les y suivre.

Un jour, j'en ai rencontré une (de bestiole) que je n'avais jamais vue : je me promenais, suivie de mon bipède, quand j'ai repéré un animal à la fourrure couleur feu  qui s'est mis à détaler à mon approche. Je me suis lancée à ses trousses, m'attendant à le voir lui aussi se faufiler sous terre. Mais après avoir traversé à toute allure un chemin en sous-bois, au moment où j'allais le rattraper, il a couru droit vers un arbre. J'ai freiné des quatre pattes pensant que nous allions nous emplafonner de concert sur le végétal (en bois dur, comme disait Georges). Et voilà-t-y pas que lui, saute sur le truc et se met à y grimper avec une agilité incroyable. J'en suis resté comme deux ronds de flan !

Mon boss m'a dit "Eh oui, les écureuils grimpent aux arbres !".

Bon, merci, je l'avais remarqué! Mais ce que je n'ai pas aimé du tout, c'est l'air narquois qu'il avait pris pour me renseigner sur le nom de l'animal, l'animal !

On a sa fierté quand-même...


26 novembre 2023

Extase

 
Je savais que ça vous titillerait mais vous en serez pour vos frais !

C'est mon promeneur qui ce matin dans la grande prairie  est tombé en extase devant quelques pieds de coprins chevelus !

D'après lui, c'est la première fois qu'il en voit à cet endroit.

Moi je pense que c'est le côté chevelu qui le plonge dans la nostalgie d'un passé lointain, mais c'est une hypothèse, hein, n'en profitez pas pour vous marrer doucement !


 

8 août 2023

Forcené...

 
Hier, c'était le jour de la séance kiné de ma maîtresse. J'ai donc eu droit à une sortie matinale rapide dans les environs de mon domicile puis mes bipèdes sont partis en me laissant seule dans l'appartement, c'est classique et fréquent et je passe le temps en dormant dans un de mes "paniers" (qui sont en réalité des trucs en tissu avec avec rembourrage) ou sur leur lit ou dans le fauteuil de ma maîtresse.

Quand à leur retour ils sont sortis de l'ascenseur, j'étais en train d'aboyer dans le couloir d'entrée.

Mon promeneur attitré a ouvert la porte et s'est écrié "Mais pourquoi ce chien aboie-t-il comme un forcené ?"

Oui, quand il ne m'appelle pas "Câline" ou  "la fifille", il m'appelle "le chien", même s'il sait très bien que je suis une chienne.

Bref il était en train de m'engueuler parce que je gueulais quand un soupçon de lumière s'est frayé un chemin jusqu'à son cerveau encombré. Il s'est exclamé "On vient peut-être de sonner !" et il s'est précipité (traîné en claudiquant serait sans doute plus approprié) sur le balcon où il s'est à nouveau exclamé : "Merde, UPS!"

Là-dessus il a fait demi-tour et a repris l'ascenseur (vous le saviez, vous que les ascenseurs descendent aussi ?).

Sa fille l'avait averti qu'elle ferait livrer un colis mercredi et bien sûr, il était déjà là lundi !

Il a juste eu le temps d'empêcher le chauffeur de repartir et a pris livraison d'un carton de 25 kilos qu'il a dû amener à sa voiture sur un diable pliable stocké dans la cave.

Et quand il est enfin réapparu, vous pensez qu'il m'a remerciée de mon intervention ? Ben non, il était trop occupé à grommeler  à propos de sa fille qui pourrait pas s'occuper de ses colis chinois elle-même, de ces transporteurs qui ne connaissent jamais ni le jour ni l'heure de leurs livraisons, de ce parlophone qui ne fonctionne jamais, de cette voiture où il faut rabattre les dossiers pour y entrer un malheureux carton, de ces carrossiers qui ont abandonné dans le coffre la garniture de garde-boue détériorée lors de l'accident avec la baba cool de Colmar, j'en passe et de bien pires.

Bref, ce type est un nain gras (ouais, là j'y vais peut-être un peu fort avec mon jeu de mots, il est pas très très grand, mais il est pas très très gros non plus), d'autant qu'avec tout ça, il a oublié de me filer les bonbons qu'il me donne toujours en rentrant!

Quelle vie de chien quand même !


 

10 juillet 2023

Ils sont fous ces bipèdes !

 
Depuis plusieurs semaines, lorsque ma maîtresse n'a pas kiné ou atelier ou dentiste avec Louise ou... , elle nous accompagne au domaine des Trois Fontaines.

Du coup, nous ne nous arrêtons plus le long de la grande prairie (où j'ai vu en passant qu'ils ont construit un grand enclos qui occupe toute la partie derrière le jardin japonais, je me demande bien dans quel but...) et nous allons garer la voiture dans le parking à l'arrière de l'ancienne orangerie puis nous faisons un petit circuit autour de la cerisaie et de la portion boisée qui lui succède. C'est un itinéraire avec bancs, comme ça, ma maîtresse peut faire quelques pauses pendant lesquelles j'aboie pour inciter mes bipèdes à redémarrer.

Aujourd'hui, sur le petit chemin en terre qui ramène vers l'arrière de l'orangerie, ils ont fait un arrêt supplémentaire, malgré qu'il n'y avait pas de banc. Ils fixaient le sol du regard, alors, je suis revenue sur mes pas pour voir moi aussi ce qui attirait leur attention : rien, j'ai rien vu, ils sont fous ces bipèdes !

Et puis, un petit machin d'un bon centimètre a fait quelques bonds. Un minuscule crapaud ! Immobile, il se confondait parfaitement avec le sol de terre noirâtre.

Leur faut quand même pas un très gros prétexte pour interrompre leur promenade, n'importe quoi ! Mais je les ai ramenés à l'ordre par quelques aboiements bien sentis... jusqu'au banc suivant !


 

22 avril 2023

Still alive !

 
Oui, je suis toujours en vie ! Pour les délais de parution, référez-vous à ce billet.

Aujourd'hui, comme samedi dernier, en débarquant dans la prairie, nous sommes tombés nez à nez avec un autre  Jack Russel accompagné de son binôme à deux pattes, une personne du beau sexe comme moi ! Par bonheur le chien lui était un mâle, ce qui m'a évité de devoir lui aboyer dessus : oui, avec la concurrence, je maintiens les distances !

Exactement comme la semaine dernière, la dame s'extasie sur ma forme "malgré mon âge" ! Sont gonflés ces humains quand même, à vue de truffe elle est pas loin d'avoir cinq fois mon âge la vioque, non mais !

Bon, c'est vrai que pour mon bipède l'addition devient astronomique (et ne me parlez pas de ces stupides calculs qui permettraient de comparer l'âge des chiens avec celui des humains).

Revenons au jeune toutou. Il est un peu plus petit et plus massif que moi et c'est marrant : il a les mêmes couleurs que mon papa (qui s'appelle Moka pour la raison que vous devinez). Par contre j'ai beau lui courir autour, plonger au sol dans sa direction, il n'a guère de réaction. Pour tout dire, il a l'air, ce qui prouve qu'il a au moins du nez, d'être plus intéressé par la poche du parka (ou "de la" : dans la tribu des Parkas, les deux genres sont équivalents) où mon bipède garde le stock de friandises. Bipède qui a bien raison : tous des molassons les jeunes d'aujourd'hui !


 

12 mars 2023

Hep, taxi !

 

Depuis la fin des congés pendant lesquels nous allions (presque) tous les jours au Domaine vu qu'il n'y avait pas atelier pour ma maîtresse, que son kiné retardait l'heure de ses séances et que mon promeneur attendait que nous soyons rentrés pour aller s'occuper des chats chez ses petites-filles qui étaient au ski à Saint-Véran, le plus haut patelin de France, nos visites à ma prairie se font plus rares !

...Ouais, je joue mon petit Proust (ma chère) pour énerver mon bipède qui déteste Marcel.

Donc, aujourd'hui, nous débarquons à l'endroit dit et nous garons la voiture derrière un taxi à l'arrêt moteur tournant.

Au lieu de me faire courir vite fait dans la prairie comme à l'ordinaire voilà-t-y pas que mon promeneur décide d'ajouter une petite balade à travers bois jusqu'au jardin de l'orangerie (et retour, ça va de soi sans quoi, je ne serais pas là pour vous raconter tout ça).

Balade c'est façon de parler parce que quand il fait ce genre d'opération, mon bipède avance au rythme de marches militaires qu'il soufflote (oui, il a les lèvres un peu trop sèches pour siffloter, alors, il soufflote).

Quand nous sommes revenus à la voiture, le taxi était toujours là moteur tournant. C'est alors que mon bipède à jeté un œil à l'intérieur. Le taximan était bien là, allongé sur son siège réglé en position couchette et y a pas que le moteur qui ronflait !

Comme mon bipède, il est pas du genre à interrompre le sommeil du juste pour lui causer pollution et code de la route, d'autant qu'on pourrait lui rétorquer que comme nous habitons au bord de terres agricoles, nous ferions tout aussi bien de nous y promener sans avoir besoin d'un trajet en voiture, nous sommes repartis sur la pointe des pneus !


 

 

25 février 2023

Perturbations

 
Ce matin, en débouchant du couloir des caves dans le garage pour embarquer dans ma voiture en compagnie de mon chauffeur (si, si, c'est un chauffeur : il porte une casquette !), nous sommes tombés sur un troupeau de bipèdes qui nous barrait le passage.

J'ai rapidement mis de l'ordre là-dedans en leur aboyant dessus (j'ai peut-être eu des ancêtres meneurs de moutons, va savoir !).

Quand nous sommes rentrés de ma promenade avec arrêt ravitaillement chez les Pilifs, ils étaient toujours là. Cette fois-ci, ils avaient compris et ils se sont écartés pour nous laisser passer.

À la fin de ma promenade apéritive du midi, j'ai décidé de rentrer par les garages. Les mecs n'étaient plus là, ils avaient compris !

Enfin, c'est ce que je croyais... car quand nous avons pénétré dans le couloir des caves, après le premier coude, le sol était jonché de matériel divers : des trépieds, des parapluies à la surface interne métallisée, des vêtements, des sacs...

C'est là que nous avons entendu des bavardages et des cris. J'ai voulu aller mettre de l'ordre là aussi, mais mon bipède a décidé d'emprunter l'escalier du 33 pour revenir au rez-de-chaussée et rentrer par le 31 pour y prendre l'ascenseur, question de ne pas perturber ce qui, selon lui, devait être un tournage de scène vidéo.

Un tournage, dans notre cave ! C'est vrai qu'avec ses couloirs, ses portes grises et ses lettres et chiffres noirs au pochoir, ça fait un peu bunker de la Wehrmacht les caves.

Ben dis-donc, j'en reviens pas, du cinéma underground, à notre époque... mais où va le monde ?


 

 

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