Hier, il a plu à seaux presque toute la journée et ce matin, il faisait encore tout gris.
Nonobstant ces circonstances, mon secrétaire-promeneur chausse ses godasses de  marche et m'attache mon collier de sport.
Dès que nous quittons le hall d'entrée pour rejoindre le garage, des gouttes de pluie commencent à tomber. N'empêche, il m'installe à l'arrière de la voiture.
Sortis du garage, j'entends le rythme du tambourinement de la pluie sur la carrosserie qui s'accélère.

De chez nous au domaine de ma promenade il y a sept ronds-points. À chacun d'entre eux je me dis que vu ce qui dégringole il va faire demi-tour. Eh ben non, il est obstiné parfois...

Une fois la voiture garée dans le parking du domaine, nous la quittons et nous engageons sous les arbres encore dégoulinants de pluie, mais quand nous débouchons dans la prairie (vous savez, celle qui a un côté hiver et un côté été), le soleil sort de derrière les nuages, nous traversons la cuvette (notre voisine qui aime assortir son vocabulaire à ses états d'âme dirait la dépression) et nous engageons sur le chemin qui, à travers bois, mêne à la chapelle Saint Lendrik (en français on dit Landry, un Saint originaire de Soignies).

Landry

Une fois là nous redescendons la prairie en pente qui revient vers celle de départ. Nous la retraversons dans l'autre sens, croisant au passage un autre Jack Russel accompagné d'un Beagle. On se paie une petite galopade à trois tandis que leur maître, resté prudemment sur le chemin essaie de les rappeler en s'essoufflant sur un sifflet émettant un son suraigu. Finalement, c'est mon promeneur qui, marchant vers lui, lui a ramené ses bestioles qui me suivaient moi.

Nous avons emprunté le chemin jusque la ferme et là nous sommes redescendus dans la cuvette et nous l'avons reparcourue encore deux fois sur sa longueur, côté hiver, sous le soleil.

Brutalement, mon factotum a bifurqué, grimpé vers le chemin longeant la cerisaie et nous l'avons emprunté jusqu'au parking.
Le temps de redémarrer et la pluie s'est remise à tomber et, comme à l'aller, nous avons parcouru le chemin du retour acompagnés du ballet des balais d'essuie-glace (pourquoi dit-on balai pour ces choses qui n'ont pas le moindre poil et ressemblent à des raclettes ?).

Quand nous sommes rentrés à l'appartement, ma maîtresse a demandé "Vous n'avez pas été douchés ? Ici il a plu sans arrêt !"

"On a eu du soleil..." a répondu mon bipède impavide. Il est drôle parfois, et quel feeling pour la météo !