Tu parles d'une vie de chien !

24 septembre 2018

Météo

 

Hier, il a plu à seaux presque toute la journée et ce matin, il faisait encore tout gris.
Nonobstant ces circonstances, mon secrétaire-promeneur chausse ses godasses de  marche et m'attache mon collier de sport.
Dès que nous quittons le hall d'entrée pour rejoindre le garage, des gouttes de pluie commencent à tomber. N'empêche, il m'installe à l'arrière de la voiture.
Sortis du garage, j'entends le rythme du tambourinement de la pluie sur la carrosserie qui s'accélère.

De chez nous au domaine de ma promenade il y a sept ronds-points. À chacun d'entre eux je me dis que vu ce qui dégringole il va faire demi-tour. Eh ben non, il est obstiné parfois...

Une fois la voiture garée dans le parking du domaine, nous la quittons et nous engageons sous les arbres encore dégoulinants de pluie, mais quand nous débouchons dans la prairie (vous savez, celle qui a un côté hiver et un côté été), le soleil sort de derrière les nuages, nous traversons la cuvette (notre voisine qui aime assortir son vocabulaire à ses états d'âme dirait la dépression) et nous engageons sur le chemin qui, à travers bois, mêne à la chapelle Saint Lendrik (en français on dit Landry, un Saint originaire de Soignies).

Landry

Une fois là nous redescendons la prairie en pente qui revient vers celle de départ. Nous la retraversons dans l'autre sens, croisant au passage un autre Jack Russel accompagné d'un Beagle. On se paie une petite galopade à trois tandis que leur maître, resté prudemment sur le chemin essaie de les rappeler en s'essoufflant sur un sifflet émettant un son suraigu. Finalement, c'est mon promeneur qui, marchant vers lui, lui a ramené ses bestioles qui me suivaient moi.

Nous avons emprunté le chemin jusque la ferme et là nous sommes redescendus dans la cuvette et nous l'avons reparcourue encore deux fois sur sa longueur, côté hiver, sous le soleil.

Brutalement, mon factotum a bifurqué, grimpé vers le chemin longeant la cerisaie et nous l'avons emprunté jusqu'au parking.
Le temps de redémarrer et la pluie s'est remise à tomber et, comme à l'aller, nous avons parcouru le chemin du retour acompagnés du ballet des balais d'essuie-glace (pourquoi dit-on balai pour ces choses qui n'ont pas le moindre poil et ressemblent à des raclettes ?).

Quand nous sommes rentrés à l'appartement, ma maîtresse a demandé "Vous n'avez pas été douchés ? Ici il a plu sans arrêt !"

"On a eu du soleil..." a répondu mon bipède impavide. Il est drôle parfois, et quel feeling pour la météo !


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18 septembre 2018

Quoi de neuf docteur ?

 

Mardi matin, c'est atelier soie, donc promenade : niets van !

Mais bien sûr j'ai droit aux sorties hygiéniques (manquerait plus que ça !).

Lors de la plus récente, comme le vent est bien présent, le sol était parsemé de baies rouges. J'en ai mangé une vite fait avant de me faire rappeler à l'ordre. Vous connaissez mon bipède : "On ne mange pas les trucs qui traînent par terre, sale bête ! Un jour tu te feras empoisonner !"

Empoisonner par des baies d'aubépine, je vous demande un peu... ils sont cons parfois ces bipèdes !

Bon j'ai pas trop insisté pour continuer ma prise de tonicardiaque, ça n'a finalement pas vraiment de goût ces machins. Alors, on ne va pas se fâcher pour si peu, surtout que quand je l'ai bien énervé il parle de remplacer la laisse de cinq mètres par celle de 80 cm. Il ne va pas jusqu'à me menacer d'employer la chaîne de Zelga qui n'en fait que 20, avec celle-là, il devrait marcher en canard, je voudrais bien voir ça, surtout avec son arthrose, mouarf !


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17 septembre 2018

En voiture Simone !

 

Comme vous le savez sans doute, mon promeneur attitré a essayé de me classer dans la famille des chiens de prairie. C'est facile de faire de l'humour aux dépens d'un pauvre animal sans défense. Mais j'en ai autant à son service, jugez pluitôt...

Hier, dans notre bonne ville, c'était journée sans voitures. Ils sont fous ces Brusseleirs ! Et comment mon chauffeur/promeneur allait-il m'emmener,  hein ?

Alors, comme chaque année en pareil cas ils ont décidé de quitter cette ville de dingues et comme (presque) à chaque fois, nous avons parcouru deux cents kilomètres en voiture pour débarquer à Wiesembach et nous promener dans les bois en attendant le repas de midi.

Parce que si je suis un chien de prairie, lui, ben c'est un homme des bois !

Comme la majorité des couples nous avons des caractères opposés : à moi les espaces ouverts, l'ivresse des étendues libres, la liberté, la lumière; à lui les lieux sombres, les voies tracées, les espaces structurés, la petite vie bien cadrée.

Avant de se moquer de moi, il ferait mieux de se regarder, petit-bourgeois va !


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14 septembre 2018

Mais qui voilà !

 

Lundi, mon bipède s'est rendu à sa dernière séance de tripotage du genou par de délicates mains ardéchoises. J'ai donc pensé que dès mardi, tout rentrerait dans l'ordre.

Bernique ! J'avais oublié que l'atelier soie du mardi avait repris et que le mercredi il y aurait des courses (sans compter la venue de Louise qui est en congé tous les mercredis, vu qu'elle récupère de son boulot à l'Estaminet un weekend sur deux).

Je recommençais donc à me morfondre quand jeudi, dès la fin du petit-déjeuner, on m'a embarquée en compagnie de sacs tintinnabulants. Nous sommes passés par les bulles à verre et puis, direct vers les Trois Fontaines. On y était avant neuf heures, je n'y étais jamais allée aussi tôt !

Promenade classique avec courses et creusements de taupinières, nonobstant quelques interruptions dues à la présence du tondeur de gazon local chevauchant sa machine pétaradante, cliquetante et brinqueballante.

C'est au retour que j'ai compris pourquoi nous étions partis si tôt : il y avait une étrangère à la maison. Ce traître de patron m'avait emmenée pour éviter les salves d'aboiements que je ne manque jamais d'exécuter au moindre coup de sonnette.

Ils ont repris une nettoyeuse technicienne de surface pour l'entretien de l'appartement. Fallait que je me rattrape, je lui ai réservé l'accueil qu'elle méritait : double ration d'aboiements. On n'est vraiment plus chez soi !

Remarquez qu'on finit par s'y faire. Celle-ci est une Portugaise pur jus : plutôt petite, le cheveu noir, pleine d'énergie et de bonne humeur. Maria (prononcez "Mèrîîia") qu'elle s'appelle. La précédente s'appelait Bouchra, elle aussi était sympathique, elle également savait où se trouvaient mes friandises, mais un jour, après s'être mariée, elle a disparu.


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13 septembre 2018

Cause toujours!

 

Quand mon promeneur attitré me sort, pour lui exprimer ma satisfaction, je fais des bonds autour de lui en lui mordillant les avant-bras.

Je crois qu'il apprécie mon enthousiasme parce qu'à cette occasion, il utilise une expression que je pense amicale. "Saloperie de chien !" qu'il dit.

Et parfois, il ajoute même "Je vais t'emmener à Veeweyde !". Ce vocable aux consonances étranges m'est tout-à-fait inconnu. J'imagine qu'il s'agit d'un endroit sympathique réservé aux chiens.

Bien sûr, comme souvent avec lui, ce sont des promesses fallacieuses, il ne m'y a encore jamais emmenée.

Mais je ne désespère pas, demain je mettrai encore plus de cœur à sauter !


 

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04 septembre 2018

Rebelote

 

Contrairement à ce que j'avais pressenti, hier j'ai quand même eu droit à un petit tour dans la grande prairie du domaine des trois fontaines (celle juste derrière les studios de VTM).

Mais il ne m'a pas fallu attendre longtemps pour voir mes prévisions se réaliser : aujourd'hui, dès la fin de ma sortie hygiénique matinale, ils m'ont laissée seule dans l'appartement et ils ne sont réapparus que vers 13h30.

Avec l'année scolaire, les séances de l'atelier de peinture sur soie de ma maîtresse reprennent aussi, mais habituellement, mon bipède attitré est de retour après avoir déposé sa moitié, mais aujourd'hui : bernique ! Il semble qu'il est allé au musée des costumes de Manneken-pis chercher des places de théâtre. Il semble surtout qu'il en est revenu gonflé à bloc. Si si, même qu'il a dit à sa coéquipière : "Deux heures dix de file pour apprendre que ces c... n'avaient plus les places que tu voulais, ça me gonfle !"


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02 septembre 2018

Surprise

 

Ça fait deux jours que mon promeneur attitré s'est décidé à reprendre son rôle avec sérieux. Et là, quand je dis surprise, au vu du dernier mois, je devrais dire miracle !

C'est que ça a été un brin bousculé : des cartons dans tous les coins, des escabelles et escabeaux (pour pas faire de jaloux, vous savez comment c'est aujourd'hui avec la guerre des genres et le politiquement correct), des tournevis, des clefs, des marteaux, des pinceaux. L'ambiance ! Je ne savais plus où me mettre pour ne pas me faire marcher dessus. Et côté promenade : bernique !

Donc depuis deux jours, tout semble rentré dans l'ordre. Ou presque, parce que maintenant qu'on habite au quatrième, je ne vois plus personne passer devant les fenêtres pour me permettre d'étaler tous mes talents d'aboyeuse et il faut se farcir l'ascenseur (vous savez : "Assis ! Pas bouger ! Pas aboyer !") de nombreuses fois par jour.

Mais l'essentiel semble sauf, pourvu que ça dure !

Mais j'ai comme un doute, il est à nouveau question de kiné ardéchoise, de courses, de banque, d'admistration communale etc


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30 juillet 2018

Erreur

 

Aujourd'hui, j'étais sûre qu'il n'y aurait pas de sortie en dehors des "hygiéniques" habituelles : dans la matinée, mon bipède devait passer par un distributeur de billets, aller chez sa fille s'occuper de ces maudits chats, faire sa séance de kiné ardéchoise, passer par le garage et à midi, assister à l'état des lieux du nouvel appartement.

C'est à cause de cette séance qu'ils ont dû reporter le repas chaud à ce soir. Ils ont décidé de faire des pâtes jambon fromage au gratin, un truc tout à fait adapté aux 30° ambiants.

Mais, malgré les apparences, l'erreur n'est pas dans ce choix, non, l'erreur c'est moi qui l'ai commise.

Quand mon promeneur est rentré de sa visite vespérale aux chats précités, c'était l'heure de ma quatrième sortie pipi. Il m'a donc emmenée dehors au moment précis où sa moitié commençait à déchiqueter le jambon. Du coup, à peine arrivée sur (ce que les travaux et la canicule ont laissé de) la pelouse, j'ai laissé tomber deux gouttes vite fait sur le gazon et j'ai repris ventre à terre le chemin de la maison et du jambon.

Je me demande si mon promeneur ne va pas avoir un gros doute sur l'absolue nécessité de mes cinq sorties quotidiennes.

Mon estomac me predra !


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29 juillet 2018

Abandonnée !

 

Parfaitement !

Vendredi, ils m'ont laissée seule à la maison pendant plus de huit heures (Remarquez que je tiens facilement plus de dix, mais je préfère ne pas m'en vanter pour ne pas leur donner d'idées).

C'est assez rare, mais ça arrive quand ils doivent se rendre dans ces endroits qui n'acceptent pas les chiens (on devrait interdire les endroits interdits aux chiens !). Parfois, s'il fait assez frais, ils m'emmeènent malgré tout et me laissent un heure ou deux dans la voiture, mais vendredi, il faisait 38°, alors...

Alors ?

Ils ont été vachement punis : la clim de la voiture a rendu l'âme pendant le trajet de leur retour, ils étaient mauve quand ils sont rentrés et, ô joie, mon bipède en nage a quand même dû me sortir immédiatement sous un soleil d'enfer.

Bien fait pour sa pomme, na !


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22 juillet 2018

Still Alive

 

Ben oui, je suis toujours vivante, malgré la canicule et le déménagement (futur).

Avec la chaleur, j'ai bien cru que mon promeneur allait se terrer dans son appartement, tous volets clos et que j'allais faire tintin pour les promenades aux Trois Fontaines.

Mais atteint d'une prise de conscience subite de ses devoirs de bipède attaché au service d'un chien de prairie, mon promeneur a innové : dès le petit-déjeuner terminé, il m'a embarqué immédiatement dans la voiture pour profiter de la (relative) fraîcheur matinale et ce jusque la fin de la semaine dernière.

Là, les choses ont failli se gâter : sa fille et toute sa famille sont partis en Bretagne. Conclusion : après le petit-déjeuner mon promeneur doit aller s'occuper des trois chats restés à la maison, des volets et du jardin. Et rebelote le soir. Je me suis dit que c'était foutu mais...

Figurez-vous que mon promeneur a dégoté un itinéraire où (quasi) tout le trajet se fait... à l'ombre ! La grande prairie intérieure du domaine est comme les matelas : elle a un côté hiver et un côté été. En hiver on utilise le côté haut exposé au soleil, en été, le côté bas à l'ombre des arbres et des taillis. Ce côté où en hiver vous pataugez dans la gadoue jusqu'au mollet, aujourd'hui, l'herbe y est encore verte. Ça vous la coupe hein ? (mais non pas l'herbe, la chique, voyons !)


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