Tu parles d'une vie de chien !

05 juin 2019

La preuve


Je parie que vous pensez que j'exagère un peu en vous racontant mon calvaire vacancier.

Je reconnais bien là cette tendance des humains à minimiser la violence de leurs comportements vis-à-vis des pauvres animaux sans défense.

Mais là, je vais vous faire voir : je leur ai subtilisé une des photos qu'ils éliminaient de leur album de vacances :

 

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Alors, hein ?


 

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29 mai 2019

Le retour !


Ouf, les vacances, c'est fini !

Plutôt que passer les midis sous des tables de restaurant, je peux au moins m'installer dans mon fauteuil.

Le soir je le prête à mes bipèdes : d'abord à lui et puis à elle. Je suis trop bonne, ils vont finir par croire qu'il est à eux, mon fauteuil !

Evidemment, il a fallu un temps d'adaptation après le retour : visite aux ou des enfants (et petits-enfants), lessives et rangement des bagages, courses pour remplir le frigo (je dois pas trop la ramener sur ce sujet, parce que ma bouffe en fait partie).

Aujourd'hui, nous avons repris le cours normal des choses (hier c'eût été délicat : il a plu comme vache qui pisse, on a même eu de la grêle et des éclairs) et ce matin nous sommes enfin retournés au domaine : il y a quand même plus d'espace que dans les fossés de Kientzheim.

Evidemment, je n'ai pas pu échapper à la petite visite aux pins japonais : ils n'ont presque plus de touffes brunies. Du coup, comme mon promeneur ne peut croire que tout est OK, il leur a trouvé un petit air penché.

Qu'est-ce qu'y faut pas entendre...


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19 mai 2019

Bilan de la première semaine d'exil


Le train-train habituel s'est installé : mes bipèdes s'arrangent pour me laisser faire une galopade quotidienne. Si ce n'est pas le matin dans les fossés entourant Kientzheim, c'est l'après-midi dans une des forêts du Massif des Vosges.

Ce qui ne rate pas par contre, c'est que chaque midi, j'en ai pour deux heures à attendre sous leur table qu'ils se décident à quitter le restaurant. Et j'ai beau me manifester, tout ce que je reçois, ce sont des menaces : "Si tu continues, je vais aller t'enfermer dans la voiture !"

Pour le reste, c'est le même appartement que l'an passé (et même que l'année encore avant) : mon bipède est comme moi : il aime la routine (au grand dam de son binôme qui aurait l'âme plus aventureuse, elle).

Ah ! Faut que je vous dise, lors d'un de nos passages à Kientzheim, j'ai assisté à un truc étonnant : y a pas que nous les chiens qui avons un comportement de meute. J'en ai vu une d'humains passer. (J'ai bien été obligée de la voir : j'avais ma laisse et ma maîtresse ne m'a pas lâchée durant tout le défilé).

Y en avait certainement quelques centaines, la tête de la colonne escaladait déjà la colline derrière le vignoble que la queue n'était pas encore visible au bout de la rue venant de Kaysersberg.

Et alors, je vous dis pas : une meute, c'est joyeux, vif, ça va et vient, mais là... des mœurs de chenille processionnaire du pin ! Un·e à la fois et chacun·e sa gamelle !

Sont bêtes ces humains !


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12 mai 2019

Ça commence fort !


Et voilà, c'est reparti : ce sont les vacances !

Déjà, faut se farcir des heures en voiture. Tant que c'est de l'autoroute, on est sur le velours : je dors. Mais dès que ça devient "touristique", ça vire, ça ralentit, ça freine, ça s'arrête, ça redémarre, ça accélère, comment voulez-vous dormir dans des conditions pareilles ? Alors, je manifeste !

Le comble c'est que ça ne leur plaît pas !

"Tais-toi ! Fais dodo !" qu'ils disent.

Et au bout d'un temps, ils ajoutent même "Sale bête !" et autres appellations flatteuses.

En plus, cette année, il a plu (draché même) d'un bout à l'autre du trajet, j'avais jamais vu ça.  D'ailleurs, du côté de Metz, il pleuvait tellement qu'on ne voyait plus rien du tout.

Non, je vous le dis : ça commence fort !

Et je devine la suite : se trimballer au milieu de la foule, tenue en laisse pendant des semaines !

"Besoin de vacances" qu'elle dit la patronne ! Tu parles, vivement la maison, oui !


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27 avril 2019

Psychorigide


Aujourd'hui c'est fini mais nous avons eu quelques jours de beau temps et donc...

De promenade !

Ces derniers temps, je le trouvais un peu mou mon promeneur, rognant sur la longueur de nos périples. Mais les trois dernières fois, il a consenti à allonger le parcours.

Si je ne réussis pas à l'entraîner dans des déviations (on dit des diverticules, vous qui possédez son langage ?), il a tendance à répéter le même trajet, quel manque d'imagination quand même !

C'est à un point tel que les deux premiers jours, en traversant la grande cuvette herbeuse en contrebas de la ferme ("hoeve", ils disent par ici), nous sommes passés quelques centimètres à droite de la même pauvre vieille chaussette abandonnée dans l'herbe. C'est dire avec quelle précision il se répète, la prairie fait quand même une cinquantaine de mètres de largeur.

Psychorigide je vous dis !

Comment ?

Le troisième jour on ne l'a pas vue ?

Ça ne prouve rien : entre temps ils avaient tondu la pelouse, sinon, je parie qu'on repassait pile dessus.


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13 avril 2019

Vision nocturne


Rassurez-vous, je ne vais pas vous parler des capacités visuelles de ma race, on trouve ça très facilement ailleurs.

Non, je vais vous parler d'une rencontre, enfin, de trois.

Lors de mon ultime sortie hygiénique du jour, il arrive que j'aperçoive un renard. Toujours le même, j'imagine. Normal, ces bestioles ne sortent que la nuit.

Souvent, je le vois de loin et je me contente de m'arrêter pour l'observer. Mais il y a quelques jours, il était tapi à l'abri du buisson de Forsythia dans la pelouse bordant l'extrémité sud de l'immeuble, donc directement sur mon trajet habituel.

Comme il était immobile, je ne l'ai repéré que grâce à mon flair proverbial. Je me suis donc précipité vers lui en aboyant furieusement et la bestiole a détalé la queue entre les jambes (ouais, je sais, ce sont les chevaux qui ont des jambes, pas les renards ni les chiens ni même les petits bateaux).

Ma course a été stoppée net au bout de quelques mètres, mon bipède tenant ferme ma laisse.

Ces deux derniers soirs, il était à découvert dans la même pelouse et mon promeneur l'a aperçu en même temps que moi. Au moment où j'allais m'élancer vers lui, le mec au bout de ma laisse l'a bloquée et y a imprimé un coup sec en disant "Non !"

Quand il me parle en utilisant des phrases, je sais que je ne dois pas vraiment m'inquiéter de ce qu'il baragouine. Mais quand il se met à n'utiliser qu'un seul mot d'un ton bref, genre "Ici!" "Assis!" "Non!" et qu'il le souligne d'une traction de ma laisse, je crois qu'il est temps de me méfier.

Je n'ai donc pas aboyé ni ne me suis rué vers l'animal. Du coup, au lieu de se débiner, le renard est venu vers nous. Il s'est quand même arrêté à environ deux mètres, il n'est pas fou non plus. Du coup j'ai pu l'observer : c'est fou l'air sournois que ça peut avoir ce machin à te regarder en biais, je ne comprends pas pourquoi mon patron peut le trouver sympathique au point de m'empêcher de le chasser.

Enfin, tous les goûts sont dans la nature, déjà qu'il raconte partout qu'il préfère les chats aux chiens...

Bon, c'est pas moi qui l'ai choisi non plus !


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07 avril 2019

Un jour n'est pas l'autre


Ces deux derniers jours, mon bipède a repris son boulot avec sérieux, il était temps !

Hier, bien qu'il ait garé la voiture au plus près, il a quand même fini par se laisser entraîner dans une promenade plus longue que celles de ces derniers temps. Après ma galopade dans la prairie et l'enfilade de l'allée de hêtres pourpres (c'est bon que je le sais à force d'y circuler en toutes saisons parce que pour l'instant, ils n'ont pas une seule feuille), nous avons pris à droite, avons franchi la passerelle, sommes descendus le long de l'étang du jardin anglais (non, le héron cendré n'était pas là, je n'ai pu courser qu'une bête oie du Nil), sommes remontés jusqu'à l'embranchement donnant dans le sous-bois, avons traversé celui-ci jusqu'au croisement où l'Adrienne avait trouvé son mystérieux fruit, sommes remontés vers la grande cuvette herbeuse (ouais, y a du relief dans le plat pays), avons traversé cette dernière sur toute sa longueur, avons fait le tour de la ferme (hoeve, ils disent) et repris à travers bois le chemin de la grande prairie pour retrouver la bagnole.

Aujourd'hui, miracle, il a roulé jusque derrière l'orangerie pour garer la voiture. Je me suis dit que les grands jours étaient de retour...

Effectivement nous avons parcouru la grande dépression en jouant aux majorettes avec lancer du bâton et tout puis nous sommes grimpés jusqu'à l'entrée de la sente menant vers la chapelle à travers bois, à mi-chemin de celle-ci, j'ai même réussi à l'entraîner dans la pente menant vers le chemin inférieur avec franchissement de l'arbre abattu par le vent et descente de la pente argileuse à 45 degrés. Retour dans la cuvette, re-jeu du bâton puis sortie par le chemin longeant la cerisaie (ou la prairie aux chevaux si vous voyez mieux).

C'est là que j'ai cru déceler des signes de lassitude chez mon promeneur, faut dire que le sentier que je souhaitais prendre était lui aussi barré par un arbre abattu récemment, ça ne m'a pas aidée et il a décidé de rentrer directement au parking. Je me demande ce que ça augure pour la semaine prochaine...


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05 avril 2019

Le mystère s'épaissit


Aujourd'hui, nous sommes (enfin) retournés au domaine des trois fontaines.

Cela fait un petit temps maintenant que nous n'allons plus nous garer derrière l'orangerie d'où l'on peut facilement rayonner à travers tout le domaine.

Par facilité, je suppose (ou pour éviter les problèmes par grand vent), mon chauffeur arrête la voiture près de la première prairie. Je dois reconnaître que ce très grand espace herbeux et plat me permet de donner libre cours à mes humeurs galopantes.

Classiquement, nous avons parcouru une première longueur en direction du jardin japonais et c'est là que j'ai remarqué que plus nous avancions, plus son front se plissait et plus il scrutait le sommet du fameux jardin.

Nous avons fini par y arriver et y pénétrer. Sa perplexité s'est confirmée. Nous sommes grimpés jusqu'au sommet du monticule où se trouvaient les pins brunis. Étonnamment, presque tout était vert !

En une semaine, ça tenait du miracle. (Voilà ce que c'est de ne pas effectuer de visite quotidienne)

J'ai dû lui faire remarquer en grattant le sol que celui-ci était complètement débarrassé de ses touffes d'herbe et de ses paquets d'aiguilles mortes. Le sol avait été travaillé et on y voyait encore les traces d'un ratissage complet. Perplexe il était !

Moi, je crois qu'ils ont arraché les arbres malades (ou morts) et qu'ils en ont replanté de nouveaux. Lui, il n'est sûr de rien : en gand enquêteur qu'il est, il a omis de faire un relevé combiné photographique et topographique de départ.

Remarquez que s'il s'arrête pour prendre des photos, je le rappelle à l'ordre en lui sautant gaiement dessus ou en lui mordant le bas du pantalon. On ne va pas se laisser distraire de la promenade quand même !


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03 avril 2019

Une saison en enfer


Rien ne va plus ! Le temps est pourri, il pleut quand il ne grêle pas, le vent souffle, les températures sont en chute libre.

Pour tout arranger, hier, c'était atelier soie et orthopédiste, aujourd'hui, c'était kiné, lundi je ne me rappelle plus mais en tout cas, nous ne sommes pas sortis.

Et demain ce sera quoi ? T'inquiète, il trouvera bien quelque-chose.

Ma dernière promenade remonte à dimanche, un petit galop vite fait sous la surveillance de mon promeneur attitré. J'avais bien essayé d'embarquer l'Adrienne, mais elle a refusé : elle venait de se laver les cheveux ! J'te jure... est-ce que ça m'empêche de courir quand on me lave les cheveux ? Sont bizarres ces bipèdes !

L'Adrienne, c'est une amie de mes patrons, une fan de l'Atomium. De temps en temps, elle passe par ici. Elle me caresse en me parlant dans une langue que je ne comprends pas, mais ce n'est pas grave, j'entends bien à la mélodie de sa voix que ce sont des mots doux. Et moi, les caresses et les mots doux, j'aime ça. Du coup, ben, j'aime l'Adrienne !


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21 mars 2019

Les travaux sont terminés !

 
Aujourd'hui, la voie était à nouveau libre, nous avons pu arriver à la grande prairie sous le vent du ring (n'en déplaise à Madame Chapeau) sans devoir faire le tour de Kassei-Borgt (un petit patelin résidentiel phagocyté par le grand Vilvoorde).

Au bout de notre première traversée de la prairie, mon promeneur a pénétré dans le petit jardin japonais. Mauvais signe, il a sorti son GSM, quelque chose le turlupinait. Il a pris une photo en râlant et pestant contre, je cite, "ces saloperies d'écrans où on ne voit strictement rien dès qu'il y a le moindre rayon de soleil, bordel !".

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C'est qu'il se demandait si nous étions face à deux espèces de pins de couleurs différentes ou à un seule avec des individus malades.

Après la photo, il a commencé à tout examiner de plus près et découvert que les seules aiguilles au sol étaient de couleur brune, puis , finalement, un arbre encore vert avec seulement deux premiers plumeaux bruns.

Les arbres sont donc malades et la maladie se propage.

Cette conclusion semble l'avoir satisfait. J'imagine que c'est au niveau de la compréhension du phénomène et pas à la perspective de la disparition prochaine de ces  pauvres arbrisseaux, mais sait-on jamais avec lui...


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