Faut tout apprendre dans la vie...

Quand j'étais toute jeune j'ai eu vite compris que dès que je me précipitais vers eux, les oiseaux, quelle que soit leur espèce, avaient la faculté de s'élever dans les airs (mon boss prétend qu'il y en a quelques rares qui ont perdu cette possibilité mais me déconseille de m'attaquer à eux en raison de la différence de taille, me prendrait-il pour une naine ?).

Cela ne m'empêche pas de continuer à me jeter sur eux dès que j'en trouve à portée de course. Ainsi, de grand matin, sur le chemin pavé devant la ferme du domaine des trois fontaines, il y a toujours tout un paquet de pigeons en train de picorer des graines qu'apparemment on répand sur le sol à leur intention. Ça fait un très joli spectacle (et un de ces raffuts) quand ils s'envolent tous ensemble !

Les autres bestioles que je course, elles, ont un comportement plus honnête : elles courent, comme moi, ce qui me laisserait une chance de les attraper si elle n'avaient pas le défaut au bout de leur course de se réfugier sous terre, mais c'est de bonne guerre : je suis un terrier, elles croient donc que je dois pouvoir les y suivre.

Un jour, j'en ai rencontré une (de bestiole) que je n'avais jamais vue : je me promenais, suivie de mon bipède, quand j'ai repéré un animal à la fourrure couleur feu  qui s'est mis à détaler à mon approche. Je me suis lancée à ses trousses, m'attendant à le voir lui aussi se faufiler sous terre. Mais après avoir traversé à toute allure un chemin en sous-bois, au moment où j'allais le rattraper, il a couru droit vers un arbre. J'ai freiné des quatre pattes pensant que nous allions nous emplafonner de concert sur le végétal (en bois dur, comme disait Georges). Et voilà-t-y pas que lui, saute sur le truc et se met à y grimper avec une agilité incroyable. J'en suis resté comme deux ronds de flan !

Mon boss m'a dit "Eh oui, les écureuils grimpent aux arbres !".

Bon, merci, je l'avais remarqué! Mais ce que je n'ai pas aimé du tout, c'est l'air narquois qu'il avait pris pour me renseigner sur le nom de l'animal, l'animal !

On a sa fierté quand-même...